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France : Mise en examen d’un salafiste français en Ariège.

mercredi 25 novembre 2015, par siawi3

Source : http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/que-reproche-t-on-a-olivier-corel-l-emir-blanc-place-en-garde-a-vue_1739068.html

Que reproche-t-on àOlivier Corel, l’« Ã©mir blanc » placé en garde àvue ?

Par Victor Garcia,

publié le 24/11/2015 à20:10 , mis àjour à22:34

Photo : Olivier Corel, ici le 23 mars 2012 àArtigat, dans le sud-ouest de la France, a été placé en garde àvue

AFP

« L’émir blanc » de la filière d’Artigat en Ariège est un salafiste français d’origine syrienne. Il a notamment été le mentor de plusieurs djihadistes français, comme les frères Merah ou Fabien Clain, qui a revendiqué au nom de Daech les attentats du 13 novembre àParis.

Un prêcheur radical en habits de « baba cool ». Olivier Corel, dit « l’émir blanc » de la filière d’Artigat en Ariège, était visé ce mardi 24 novembre par une perquisition administrative. Sans lien direct avec les attentats de Paris, cette opération était cependant conduite par d’importantes forces de police et de gendarmerie.

En fin de journée, il a été placé en garde àvue pour « détention illégale d’un fusil de chasse classé catégorie D ». Mais qui est-il exactement et surtout que lui reproche la justice ?

« Un homme affable, très poli », selon ses voisins

Olivier Corel est un Français de 69 ans. Né en Syrie, il s’appelle en fait Abdel Ilat al-Dandachi. Il est arrivé en France en 1973 et a été naturalisé dix ans plus tard. L’homme réside actuellement dans le hameau de Lanes de la petite commune d’Artigat -600 habitants-, au sud de Toulouse, dans l’Ariège. Ses voisins le décrivent comme « un homme discret, affable, très poli et souriant » même s’il « ne sert pas la main aux femmes », note BFMTV.

Apprécié dans la commune, il serait « très serviable » et donnerait souvent « des coups de main pour des travaux ». Il vend notamment des poteries et des fripes sur les marchés locaux, porte une barbe longue et des bottes en plastique qui le ferait presque passer ce sexagénaire travailleur pour un « baba cool ».

Un salafiste prêcheur de haine

Pourtant, ce portrait flatteur cache celui d’un imam salafiste aux prêches très radicaux. Baptisé « l’émir blanc », Olivier Corel est réputé proche des Frères musulmans. Il a un temps dirigé l’association des étudiants islamistes de France avant de fonder sa communauté islamiste àArtigat, en 1987.

Il est devenu peu àpeu l’une des figures connues de l’islam radical en France, et a reçu chez lui de jeunes salafistes des cités toulousaines, les enjoignant àfaire le djihad et àse rendre dans des écoles coraniques. Parmi ses disciples, plusieurs djihadistes français, comme les frères Merah ou les frères Jean-Michel et Fabien Clain. La voix de ce dernier, Toulousain d’origine parti rejoindre les rangs de l’organisation Etat islamique, a été identifiée par les enquêteurs dans un enregistrement revendiquant les attentats de Paris et Saint-Denis du 13 novembre dernier.

Dans le viseur de la justice depuis de nombreuses années

Olivier Corel apparaît en 2003 sur les écrans radars des services de renseignements. A cette date, « la cellule d’Artigat » àlaquelle il appartient est soupçonnée d’envoyer des djihadistes en Irak pour combattre l’armée américaine, note Libération.

La filière d’Artigat « tombe » en décembre 2006, quand, Sabri Essid, le « demi-frère » de Merah et un converti albigeois, Thomas Barnouin, sont interpellés par la police syrienne alors qu’ils tentaient de faire passer des combattants en Irak. Quelques semaines plus tard, un coup de filet est mené dans les milieux de l’islam radical toulousain.

Mis en examen, il bénéficie d’un non-lieu

« L’émir blanc » est alors interpellé avec plusieurs « disciples » et mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». La sanction tombe en 2009 : cinq ans de prison pour Clain, Essid et Barnouin. Corel, lui, bénéficie d’un non-lieu.

En novembre 2014, Olivier Corel est une nouvelle fois interpellé, cette fois dans le cadre de l’affaire Merah. Placé en garde àvue il est finalement remis en liberté, la justice ne possédant pas suffisamment de preuves pour le poursuivre. Depuis, il vit sans faire l’objet d’une assignation àrésidence, dans sa maison du hameau de Lanes.


Voir l’article de Mohamed Sifaoui : « Toulouse est un des viviers du recrutement de l’islamisme en France »