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FRANCE : Pour l’égalité réelle

Monday 16 November 2009, by siawi2

Source:
OBSERVATOIRE INTERNATIONAL DE LA LAÏCITÉ
CONTRE LESRIVES COMMUNAUTAIRES
Liberté Egalité Fraternité Laïcité

mercredi 27 mai 2009

Plusieurs voix se font entendre pour engager notre pays dans la démarche de reconnaissance de la diversité par les statistiques ethniques et la discrimination positive( manifeste pour l’égalité, déclarations politiques, journée de la diversité, projets du nouveau Commissaire à la diversité…).

L’idée sous-jacente est d’engager des politiques volontaristes pour établir l’équité et la diversité, par des mesures exceptionnelles pour la promotion des minorités ethniques.

Au nom des principes universalistes de la République Française, nous ne pouvons accepter cette orientation.

D’une part, toute législation, réglementation, ou politique catégorielle, dans ce domaine, ne fera qu’enfermer les hommes ou les femmes concernés dans leurs identités .

Et ainsi, subtilement, s’instaurera une vision communautaire de la société française qui se morcellera et se définira par l’appartenance à telle ou telle origine ethnique, tel ou tel mœurs, telle ou telle culture, telle ou telle pratique cultuelle…

L’intelligence des pères fondateurs de la République est justement d’avoir voulu, non pas consacrer les spécificités de chacun mais organiser une société où les êtres humains sont considérés uniquement comme des individus pris comme sujets de droit, comme citoyens et non pas en tant que noirs, d’origines maghrébines, juifs, musulmans….

Barak Obama, lui-même, dans l’un de ses discours a clairement dit, en substance: « Nous ne sommes pas noirs, espagnols, musulmans, chrétiens, juifs, homosexuels, hétérosexuels nous sommes des Américains républicains ou démocrates. Nous sommes les Etats-Unis d’Amérique… ».

Aller dans le sens de la reconnaissance du citoyen français pris dans son identité c’est, justement, briser la communauté nationale et citoyenne au profit de la multiplication des communautarismes et particularismes.

D’autre part, vouloir initier des procédures particulières pour l’accession à l’enseignement supérieur, à différentes responsabilités, de nos compatriotes d’origines noire ou maghrébine, puisqu’il s’agit essentiellement de cela, est une discrimination à leur endroit.

Peut être positive mais en tout cas, à notre sens, discriminatoire !

Dire à un jeune noir ou à un jeune maghrébin, nous allons, par des mesures exceptionnelles en dehors du droit commun faciliter votre progrès social c’est l’enfoncer à nouveau dans sa destinée de naissance alors qu’au contraire l’exigence de la République est de l’élever au dessus même de sa condition, et à la seule égalité réelle : l’égalité sociale.

C’est bien le nœud du problème.

Car élaborer des dispositifs législatifs ou réglementaires pour favoriser cette diversité pourrait être un prétexte à ne pas régler la seule question essentielle quant à l’égalité des chances: la question sociale, et la lutte contre le racisme..

La question sociale: ce n’est pas en favorisant l’exception à l’égard de telle ou telle communauté que se résoudra le vrai problème de notre temps, à savoir la réduction drastique des inégalités économiques et sociales qui engendrent des inégalités culturelles.

Cela nécessite par conséquent des politiques économiques, sociales et fiscales qui réduisent l’écart de salaire, de revenus, de niveau de vie… L’intégration passe par la possibilité de donner aux enfants d’immigrés, d’ouvriers, d’employés, de chômeurs les mêmes possibilités d’accéder à des carrières professionnelles réelles que les enfants de bourgeois, en s’en donnant les moyens financiers.

Ce qui nécessite aussi une transformation profonde de l’organisation de notre enseignement supérieur, unique en l’Europe, à savoir cette dichotomie de plus en plus scandaleuse entre les grandes écoles qui confère un statut pour la vie et les moins grandes écoles et les universités qui vous obligent constamment à vous battre et à faire vos preuves pour trouver et garder des emplois !

Enfin, le second objectif pour permettre à cette égalité des chances d’être en effet réelle, est la lutte contre les discriminations dont sont constamment l’objet un certain nombre de population.

C’est-à-dire appeler les choses par leurs noms: le racisme rampant qui sévit dans notre société.

Il s’agit là d’une lutte politique et judiciaire qui exclut toute mesure qui justifierait, en quelque sorte un état de fait inacceptable.

Oui à l’égalité réelle, c’est à dire le droit à la ressemblance et à la différence, sans différence des droits.

Jean-Michel QUILLARDET

http://www.observatoire-laicite.org/spip.php?article13