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Syrie. Des civils et des djihadistes cernés dans le dernier bastion de Daech

lundi 18 février 2019, par siawi3

Source : https://www.ouest-france.fr/monde/syrie/syrie-des-civils-et-des-djihadistes-cernes-dans-le-dernier-bastion-de-daech-6226297

Syrie. Des civils et des djihadistes cernés dans le dernier bastion de Daech

Photo : Les civils fuient les combats à Baghouz, dernier bastion de l’État islamique, assiégé par les forces arabo-kurdes. | DELIL SOULEIMAN / AFP

Bruno RIPOCHE.

Modifié le 16/02/2019 à 11h51

Publié le 16/02/2019 à 09h08

Les Forces démocratiques syriennes, milice arabo-kurde soutenue par les États-Unis, poursuivent leur assaut contre le dernier réduit du groupe Etat islamique, à Baghouz, dans l’est de la Syrie.

Combien de temps faut-il pour reprendre un petit kilomètre carré de caillasse, où sont retranchés quelques centaines de combattants aguerris, armés jusqu’aux dents, mais sans issue de secours ? C’est l’équation que doivent résoudre les Forces démocratiques syriennes (FDS), cette milice arabo-kurde qui a repris tout le nord et l’est de la Syrie au groupe État islamique (Daech en arabe). Depuis une semaine, elle s’est lancée à l’assaut de Baghouz, ultime village aux mains des djihadistes, à la frontière avec l’Irak.

Des djihadistes terrés dans les tunnels

Le périmètre tenu par Daech est bien identifié : il englobe une partie de Baghouz et le campement de l’EI qui lui est adossé. Mais ce dernier carré est truffé de pièges et de tunnels qui permettent aux djihadistes de surgir dans le dos des libérateurs. Ceux-ci ont subi, cette semaine, deux attaques de femmes kamikazes, mais aussi les explosions de voitures et motos piégées. « Il y a une forte résistance », souligne Adnan Afrin, porte-parole des FDS.

Photo : L’enclave de Baghouz est cernée par les FDS. | DELIL SOULEIMAN / AFP

La victoire est proche

La semaine dernière, Donald Trump claironnait : la « reprise à 100 % du califat » déchu était une affaire de jours. Ce samedi, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (une ONG basée en Grande-Bretagne) a annoncé que les FDS avaient pris le contrôle du dernier réduit du califat. Sur le terrain, on parle prudemment en semaines.

La victoire sur Daech en Syrie sera annoncée « dans quelques jours », a déclaré samedi Jia Furat, un commandant de l’alliance arabo-kurde.

Baghouz abriterait surtout des combattants étrangers : ce qu’il reste des quelque 40 000 Arabes, Tchétchènes, Européens, Asiatiques qui avaient rejoint le « califat » à partir de 2014. D’après les FDS, qui interceptent leurs communications radio, les djihadistes conversent surtout « en turc, en français, en anglais ».

Le calife en cavale

L’Irakien Abou Bakr al-Baghdadi, calife autoproclamé de l’EI, ne se trouve plus à Baghouz. Selon des témoignages recueillis sur place par le quotidien britannique The Guardian, il y était arrivé en septembre, après une tentative de putsch, ourdie par des djihadistes tunisiens, dans le village voisin de Keshma. Sa garde rapprochée l’aurait exfiltré, le mois dernier, vers le désert irakien.

Des centaines de civils piégés

Ce qui est avéré, c’est que des centaines de civils sont piégés dans l’enclave. Ils en sortent au compte-gouttes, traversant à pied un no man’s land aride jusqu’aux positions des FDS. Là, ils sont fouillés, les miliciens tentant de distinguer les habitants des femmes et enfants de djihadistes.

Les civils paient un lourd tribut. En début de semaine, une frappe aérienne de la coalition occidentale alliée aux FDS a fait au moins seize morts, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Un porte-parole américain de la coalition accuse, de son côté, les djihadistes de tirer sur ceux qui fuient l’enclave.

« Nous avons été surpris de voir des civils émerger des tunnels » creusés par l’EI, « il y a toujours de nombreux civils à l’intérieur » du réduit, a indiqué, samedi, Adnane Afrine, porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS). « Nous ne nous attendions pas à un tel nombre […] c’est pour cela que (l’opération) a été ralentie », a-t-il ajouté. « Nous sommes en train de voir comment en finir avec ces tunnels, soit les sceller soit les faire exploser. »