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Algérie : 5e mandat pour Bouteflika : L’Algérie dit non !

samedi 23 février 2019, par siawi3

5e mandat pour Bouteflika : L’Algérie dit non !

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Source : https://www.elwatan.com/chroniques/edito/5e-mandat-la-revolte-23-02-2019

5e mandat : la révolte !

Omar Belhouchet

Editorial

23 février 2019 à 10 h 00 min

Les autorités politiques et militaires font face à une révolte d’une ampleur pourtant inimaginable il y a peu de temps encore. Des centaines de milliers de citoyens ont exprimé leur colère et leur indignation pour l’incompréhensible et inexplicable 5e mandat dévolu au président Bouteflika.

Déterminés, sans peur, mais très soucieux de manifester pacifiquement, les jeunes ont marché dans toutes les villes du pays avec le sentiment qu’on doit dorénavant compter avec eux.

Le 5e mandat, porté à bout de bras par l’ensemble des tenants du pouvoir, en dépit de son caractère totalement anticonstitutionnel, est en train d’empoisonner la vie des Algériens et porte atteinte, de manière indélébile, à la stabilité du pays. Les images donnent à réfléchir…
A l’évidence, cette nouvelle mandature est de trop ! C’est une grave faute politique, commise par tous ceux qui l’ont négociée, portée et qui tentent de l’imposer à l’ensemble du pays.

Y a-t-il encore un peu de raison et de sagesse politique en mesure de stopper cette dérive, la cause d’un tollé général et qui risque de plonger le pays dans l’inconnu…

Le pouvoir va-t-il tenter le passage en force, en réprimant férocement la population avec le risque d’une accentuation de la crise politique ? Aura-t-il recours à la répression pour mettre au pas les Algériens ?

Le soulèvement populaire est-il dirigé contre le 5e mandat, ou préfigure-t-il une démarche plus en profondeur pour bâtir une société réellement démocratique, plus juste et plus solidaire ?

Avec la crise économique et ses conséquences manifestes sur le travail des jeunes et l’absence de représentativité légitime, le système politique est à bout de souffle.

Il n’a plus la capacité de faire face à autant d’exigences de la société. Il doit impérativement se réformer pour préserver la paix civile en acceptant l’organisation d’une élection présidentielle, réellement ouverte, transparente et sans fraude. A moins que le chaos ne sert les intérêts étroits de ceux qui dirigent le pays. Ils seront comptables devant l’histoire.

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Source : https://www.elwatan.com/a-la-une/la-longue-marche-vers-el-mouradia-23-02-2019

La « longue » marche vers El Mouradia
(Photo : B. Souhil)

Abdelghani Aichoun

23 février 2019 à 11 h 34 min

L’appel lancé anonymement sur les réseaux sociaux pour des marches le vendredi 22 février a eu finalement un écho favorable auprès des jeunes qui sont sortis en nombre, dans différents endroits de la capitale, pour dénoncer le « 5e mandat ». Si une partie d’entre eux, partis de la Grande Poste, ont marché vers le siège de l’APN, d’autres ont choisi de rejoindre le palais d’El Mouradia.

Ainsi, dès 13h30, des dizaines de jeunes ont commencé à se regrouper au niveau de la place du 1er Mai. Un premier groupe a été vite encerclé par les policiers, qui ont occupé les lieux en nombre dès les premières heures de la matinée.

Certains protestataires, y compris des femmes, ont même été embarqués. La police espérait sûrement contenir cette « colère ». Mais en un laps de temps assez cours, des dizaines de jeunes ont commencé à affluer des quartiers environnants.

Ce premier groupe s’est mis en branle. Un premier point de jonction a eu lieu au niveau de la « place de la Concorde ». Les rangs ont commencé à grossir. Scandant majoritairement des slogans farouchement hostiles à Bouteflika, la foule a décidé de marcher vers la rue Hassiba Ben Bouali. Les policiers sur place se sont résignés à laisser faire.

Des jeunes de tout âge, pères de famille accompagnés de leurs enfants et des filles, ont décidé de faire entendre leurs voix. Vers 14h30, des milliers de personnes occupaient déjà les lieux. Rejoignant le boulevard Amirouche, et passant devant le commissariat central, les manifestants ont applaudi les policiers présents sur place.

Tous les marcheurs insistaient sur le caractère pacifique de l’action. Au niveau de la Grande Poste, un jeune, postant une vidéo en direct sur les réseaux sociaux, insistait sur le fait que toutes les tendances politiques de la société étaient là. « Il y a des laïcs, des communistes, des islamistes. Tout le monde est là », disait-il.

Probablement pour que ces protestataires ne puissent pas rejoindre ceux qui ont commencé à s’amasser au niveau de l’APN, la route menant vers le boulevard Zirout Youcef a été bloquée. En réaction, mot d’ordre a été donné parmi les manifestants de se diriger vers le Palais du gouvernement. Et c’est ce qui arriva.

Les brigades antiémeute se sont faites discrètes tout le long du parcours emprunté, hormis au niveau de quelques points stratégiques, comme ce fut le cas près du ministère de l’Intérieur jouxtant le Palais du gouvernement.

Une halte a été observée sur place pour fustiger le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, notamment pour lui apporter la contradiction par rapport à son affirmation relative à la « joie » des Algériens après l’annonce de candidature de Bouteflika pour un 5e mandat.

Un peu plus haut, au niveau du stade Ouaguenouni, les policiers ont fermé l’axe menant vers le ministère de la Défense nationale. Certains jeunes ont voulu se frotter à eux en forçant l’accès. D’autres les ont dissuadés. « Il ne faut pas rentrer dans leur jeu. C’est une marche pacifique. Evitons l’affrontement », criaient quelques-uns d’entre eux. La foule s’est dirigée donc vers Telemly (boulevard Krim Belkacem).

Galvanisés par les youyous lancés par des femmes depuis leurs balcons, les protestataires continuaient leur marche vers… El Mouradia. Des habitants du quartier ont disposé des bouteilles d’eau aux abords des trottoirs. Pas une seule ne fut jetée par terre. La marche est pacifique et les milliers de manifestants voulaient être exemplaires.

Un jeune ayant lancé une pierre contre un camion des brigades antiémeute a même été rappelé à l’ordre. Jusque-là, tout se déroulait dans le calme. Certains commerçants n’ont même pas baissé leur rideau. Les jeunes ont voulu surtout exprimer leur colère envers la démarche du pouvoir qui a opté pour le 5e mandat.

Pas pour autre chose. Devant l’Ecole des beaux-arts, des jeunes se faisaient photographier à côté d’une plaque de signalisation indiquant un passage pour handicapés (une chaise roulante), sur laquelle ils ont collé une petite affiche sur laquelle était inscrit : « Non au 5e mandat ».

Chacun exprimait sa désapprobation comme il le concevait. La foule nombreuse était renforcée par de nouveaux arrivants. « Je viens de terminer mon travail et j’ai rejoint le mouvement », disait un jeune à des manifestants.

Une vieille femme, portant le drapeau national, appelait ceux qui regardaient depuis leurs balcons à rejoindre la manifestation. A la fin du boulevard Krim Belkacem, les milliers de manifestants, après près de deux heures de marche, n’étaient pas encore résignés à rentrer chez eux.

Au niveau de la place Addis-Abeba, ils ont emprunté le boulevard Souidani Boudjemaa pour aller vers El Mouradia. Là, les services de sécurité sont intervenus, puisque un barrage a été dressé un peu plus haut.

Pas question de laisser les manifestants rejoindre la présidence de la République. Si des centaines de jeunes ont commencé à se disperser, d’autres ont voulu forcer le passage. La symbolique est importante pour eux. Il fallait exprimer leur rejet du 5e mandat sous les balcons de ce « Palais ». La police a usé de gaz lacrymogènes pour les en dissuader. Les escarmouches ont duré quelques quarts d’heure.

Selon des informations, plusieurs manifestants ont été blessés. D’autres ont été arrêtés.

En début de soirée, le calme est revenu dans la majorité des quartiers de la capitale. Beaucoup parmi les manifestants ayant pris part à cette marche vers le palais d’El Mouradia, et qui était à l’écoute des autres marches, notamment celle qui a mené des milliers de jeunes vers le siège de l’APN, discutaient entre eux sur « la poursuite de la protestation ». Certains préconisaient de se retrouver, à la place du 1er Mai dès le lendemain (aujourd’hui, ndlr).

D’autres se donnaient rendez-vous pour vendredi prochain. En tout cas, plusieurs d’entre eux sont décidés à battre le pavé autant de fois qu’il le faudra jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications. Au-delà du rejet du 5e mandat, c’est le « changement du système » qui est recherché…

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Source : https://www.elwatan.com/edition/actualite/pour-la-dignite-22-02-2019

Manifestations contre le 5e mandat
Pour la dignité

Meziane Abane

22 février 2019 à 11 h 07 min

Les marches prévues aujourd’hui dans toutes les wilayas du pays font peur au pouvoir. L’appel, lancé de façon anonyme sur les réseaux sociaux, a été énormément partagé par les internautes algériens qui promettent d’envahir le terrain dans toutes les régions du pays.

Qu’elles se tiennent ou pas, ce qui est sûr, c’est que la vague d’indignation et de contestation populaire, notamment depuis la confirmation de la candidature de Bouteflika, n’arrange pas les affaires des tenants du pouvoir. Les actions lancées par Mouwatana, le mouvement qui s’oppose au 5e mandat du président, a été suivi aussi.

Le mouvement présidé par Djilali Soufiane a rendu public hier la liste des lieux où devront se tenir les rassemblements prévus pour dimanche 24 février, dont celui d’Alger-Centre au niveau de la place Audin. Le seul match prévu aujourd’hui dans la capitale, qui devait opposer les voisins l’USM Harrach avec le RC Kouba au stade du 1er Novembre d’El Harrach, a été reporté à mardi prochain par la Ligue de football professionnel.

Cette dernière n’a donné une explication, mais les raisons sont claires. Les Algériens ne cessent d’occuper l’espace public pour signifier leur refus catégorique du 5e mandat de Bouteflika. Les protestations organisées à Chlef, Oran, Bordj Bou Arréridj, Jijel et la méga-marche à Kherrata (dans la wilaya de Béjaïa) puis celle de Tichy hier matin, confirment la donne. Abdelmalek Sellal s’est juste contenté, hier, de dire que « Bouteflika a pu rassembler plus de signatures qu’en 2014 et qu’il est plus populaire qu’il était », évitant ainsi de commenter le sujet des contestations populaires contre son candidat.

Ajouter à cela, le phénomène Nekkaz accueilli, contrairement à toute attente, par des bains de foule où qu’il aille. Son agression par des pro-Bouteflika dans la wilaya de Tlemcen a généré une grande vague de solidarité autour de sa personne. Sa persévérance a donné ses fruits. Le jour même de cette agression, Rachid Nekkaz a été accueilli comme un héros à Maghnia, puis à Oran et à Aïn Témouchent. Depuis, le phénomène ne cesse de s’amplifier. Pour ne citer que quelques-unes des villes qu’il a visitées, des raz-de-marée humains l’ont attendu à Khenchela, à Annaba, à Batna, à Guelma comme à Skikda et Constantine, hier.

Excès de zèle

Le président de l’APC de Khenchela, qui a promis d’empêcher Nekkaz de tenir son rassemblement et de collecter ses signatures devant sa mairie, a fini par être limogé par le wali. Ce dernier a estimé que ce sont les déclarations provocatrices de ce dernier qui ont incité les gens à venir par centaines pour soutenir Nekkaz. Un immense portrait banderole de Bouteflika a été même été arraché du bâtiment et a été piétiné par la foule.

La même chose est survenue à Annaba. Le nombre des sympathisants de Nekkaz ne cesse d’augmenter. Ils sont des milliers aujourd’hui à braver la peur et à sortir dans les rues. « Bouteflika, le marocain, pas de cinquième mandat », scandent-ils à chaque reprise. Ce déferlement humain peut se joindre à l’appel lancé sur les réseaux sociaux pour manifester aujourd’hui dans toutes les wilayas du pays. Certains n’ont pas attendu le 22 février pour le faire ; ils ont réussi à organiser des manifestations pacifiques qui ont même fini par des campagnes de nettoyage à la fin de leur action, comme cela a été le cas à Kherrata.

Un exemple qui peut être suivi, comme l’ont fait hier les citoyens qui ont manifesté à Tichy. Plusieurs institutions de l’Etat, dont le ministère de la Défense nationale, ont appelé au calme et à la préservation de la stabilité du pays. Le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs a même instruit ses imams de recentrer la prêche d’aujourd’hui sur la nécessité de préserver la stabilité du pays.

Dans cette instruction, dont une copie a été partagée hier sur les réseau sociaux, la direction des waqfs a exigé des imams « de parler de l’avantage de la stabilité d’un pays en s’appuyant sur des versets coraniques, de rappeler aux gens ce qu’a enduré l’Algérie pendant la décennie noire, de mettre en doute l’origine des appels aux manifestations lancées sur les réseaux sociaux et la religion de leurs initiateurs et enfin de rappeler que seule une élection peut déterminer deux adversaires, en parlant de la prochaine élection présidentielle ».

Beaucoup se disent vigilants sur l’origine de ces appels à marcher aujourd’hui, à la fin de la prière du vendredi ; ils craignent que les initiateurs soient islamistes. Pour contrecarrer cette hypothèse, certains appellent à manifester dans la matinée, d’autres conseillent de sortir sans habits religieux, tandis que d’autres encore partagent carrément un autre avis : « Si vous voulez qu’il n’ai pas de récupération, impliquez-vous au lieu de rester inactifs », conseillent-ils.

Bouteflika dimanche à Genève
Le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, se rendra dimanche prochain à Genève, en Suisse, pour y effectuer ses « contrôles médicaux périodiques », a annoncé hier un communiqué de la Présidence de la République. Ce déplacement sera de courte durée, précise le communiqué. APS

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Source : https://www.20minutes.fr/monde/2458107-20190223-algerie-41-interpellations-vendredi-lors-manifestations-contre-5e-mandat-abdelaziz-bouteflika

Algérie : 41 interpellations vendredi lors de manifestations contre un 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika

MONDE Au moins 20.000 manifestants avaient été recensés vendredi sur l’ensemble du territoire algérien

20 Minutes avec AFP

Publié le 23/02/19 à 12h20 — Mis à jour le 23/02/19 à 12h20

Photo : Manifestation à Alger contre un 5e mandat du président Bouteflika, le 22 février 2019. — Arslane Bestaoui/SIPA

Un total de 41 personnes ont été arrêtées vendredi en Algérie, lors de manifestations contre un 5e mandat du président Abdelaziz Bouteflika, a annoncé la police algérienne, au lendemain de rassemblements ayant fortement mobilisé à travers le pays.

Ces 41 personnes ont été interpellées « pour troubles à l’ordre public, actes de vandalisme, dégradation des biens, violence et voies de fait », selon un communiqué de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) qui chapeaute les différents services de la police algérienne.

Aucun incident notable

A l’exception des quelques affrontements à Alger –jets de pierre contre gaz lacrymogène–, aucun incident notable n’a été signalé durant cette journée de manifestations.

Le faible nombre d’arrestations, au regard de la mobilisation, semble confirmer que la police a largement toléré les marches, notamment dans la capitale, où elles sont strictement interdites depuis 2001 et où des milliers de personnes ont défilé.

La police n’a communiqué aucun chiffre sur la mobilisation, mais une source au sein des services algériens de sécurité a indiqué à l’AFP, sous le couvert de l’anonymat, que quelque 20.000 manifestants avaient été recensés sur l’ensemble du territoire national, dont plus de 5.000 à Alger et 4.000 à Béjaïa (environ 200 km à l’est de la capitale).

38 interpellations à Alger

Selon cette source, sur les 41 personnes interpellées, 38 l’ont été à Alger, où quelques heurts ont eu lieu entre la police et des manifestants qui tentaient de rejoindre la présidence de la République. Aucun blessé n’a été signalé au sein des forces de l’ordre ou du côté des manifestants, a précisé cette source.

Au pouvoir depuis 1999, Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, a mis fin le 10 février à des mois d’interrogations sur ses intentions, en annonçant à la Nation qu’il briguerait un 5e mandat lors de la présidentielle du 18 avril.

De nombreux appels à manifester ce vendredi contre la candidature et la victoire annoncée d’Abdelaziz Bouteflika avaient éclos ces derniers jours sur les réseaux sociaux, sur des pages dédiées, sans que le mouvement n’apparaisse pour l’heure structuré.

Victime en 2013 d’un accident vasculaire cérébral (AVC) qui l’a depuis cloué dans un fauteuil roulant, n’apparaît plus que rarement en public.