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France : Etat islamique : une pétition pour rapatrier les enfants français

L’ONU saisi

mardi 12 mars 2019, par siawi3

Source : http://www.leparisien.fr/faits-divers/etat-islamique-une-petition-pour-rapatrier-les-enfants-francais-11-03-2019-8029254.php

Etat islamique : une pétition pour rapatrier les enfants français

Julie Cloris

11 mars 2019, 15h08 | MAJ : 11 mars 2019, 15h09

Photo : Des centaines de femmes et d’enfants, sortis le 5 mars du réduit de Baghouz, à l’est de la Syrie, attendent de rejoindre les camps surveillés par les Forces démocratiques syriennes. (Photo d’illustration) AFP/Delil Souleiman

Deux avocats parisiens, des magistrats, des politiques, des artistes, défendent que les enfants, qui seraient une centaine au Kurdistan syrien, n’ont pas choisi de rallier Daech.

Des comédiens, des magistrats, une poignée de politiques se sont réunis autour de deux avocats pour appeler au retour des enfants des combattants de Daech, survivant dans des conditions dramatiques dans des campements en Syrie.

La romancière Marie Desplechin, les comédiens Anny Duperey, Philippe Torreton, Valeria Bruni-Tedeschi, Eric Ouzounian, père d’une victime du Bataclan âgée de 17 ans, l’ancien député PS Sébastien Pietrasanta, les cinéastes Romain Goupil et Élie Chouraqui, se sont associés à l’appel de Mes Marie Dosé et Henri Leclerc.

La première, avocate de plusieurs femmes actuellement retenues dans des camps, fait partie du trio d’avocats qui a récemment attaqué l’Etat français devant l’ONU pour violation de la convention internationale des droits de l’enfant. Le second est un ténor du barreau de Paris, qui a notamment défendu Omar Raddad.

« Ils sont victimes du choix des adultes »

« Actuellement, des enfants français, dont plus des deux tiers ont moins de six ans, sont détenus arbitrairement au Kurdistan syrien dans des conditions extrêmement précaires les exposant directement à un risque de mort. Ils sont une centaine ; certains sont nés en Syrie quand d’autres ont été emmenés par leurs parents ou l’un d’entre eux. Aucun n’a choisi de naître sur zone ou de rejoindre Daech. Ils sont victimes du choix des adultes. Ils sont, tout simplement, des victimes de guerre », écrivent-ils sur le site Internet qui permet de signer l’appel.

Lancée sans aucune publicité, ce lundi, la pétition avait recueilli en tout début d’après-midi près d’un millier de signatures par le bouche-à-oreille des réseaux sociaux.

Alors que Baghouz, en Syrie, charrie ses derniers combats, et que des centaines de familles tirées de la dernière poche de résistance de Daech grossissent les camps de réfugiés, en France on continue de s’interroger sur le sort des « revenants ». En Grande-Bretagne aussi, où l’opinion a été secouée ces derniers jours par la mort du bébé de Shamima Begum, Britannique de 19 ans qui implorait de rentrer dans sa famille, quitte à être jugée à Londres, pour ne pas perdre le dernier de ses trois garçons.

Affirmant juger au cas par cas, la France semble, selon les pétitionnaires, avoir choisi l’attentisme, se rangeant derrière la difficulté logistique à « aller chercher » des familles en Syrie, pays avec lequel les relations sont rompues. Et les 70 enfants qui devaient être rapatriés l’été dernier n’ont, semble-t-il, toujours pas mis le pied en France.

Depuis le contingent a grossi, pour atteindre 150 enfants en octobre. Ils ne seraient plus qu’une centaine aujourd’hui, dont plus de la moitié a moins de 6 ans. La faim, le froid, l’absence de soins, sont leur quotidien.
Les « lionceaux du califat »

« Ces enfants ne deviendront des bombes à retardement que si la France persiste à refuser leurs rapatriements : en Syrie, Daech et les groupuscules terroristes n’attendent qu’une chose ; les récupérer pour mieux les former à devenir des enfants soldats et à haïr les valeurs que nous portons. Ces mêmes valeurs qui nous obligent à protéger, secourir et sauver des enfants qui ne sont coupables de rien », défendent les avocats et leurs soutiens.

LIRE AUSSI >Orphelins de Daech retenus en Syrie : le cri d’alarme de leurs grands-parents

La France a pourtant déjà récupéré des « lionceaux du califat » : en 2017, 44 enfants de la guerre avaient été accueillis en Seine-Saint-Denis, au sein d’un dispositif imaginé pour les protéger de l’exposition, des conséquences d’une prime enfance chahutée, voire traumatisante, et de la séparation d’avec leur mère.

Sur ces 44 enfants, 33 étaient nés en France, les autres en Arabie saoudite, en Irak, en Syrie, et en Turquie. Selon Mes Dosé et Leclerc, depuis le début de la guerre, 84 enfants français ont pu rentrer en France, grâce à l’énergie déployée par leurs familles.

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Source : https://www.bfmtv.com/international/syrie-deux-familles-francaises-attaquent-l-etat-pour-qu-il-rapatrie-leurs-petits-enfants-retenus-en-syrie-1650210.html

Deux familles françaises attaquent l’État pour qu’il rapatrie leurs petits-enfants retenus en Syrie

11/03/2019 à 22h58

Photo : Des enfants dans un camp de déplacés dans la province de Deir-Ezzor, en Syrie. - Delil souleiman - AFP -

Deux familles françaises ont déposé un recours devant le tribunal administratif contre l’État pour faire revenir leurs petits enfants retenus en Syrie.

Deux familles ont saisi la justice administrative pour qu’elle contraigne l’Etat français à rapatrier des enfants « en péril » actuellement retenus par les forces kurdes en Syrie après la mort de leurs parents jihadistes, a annoncé lundi leur avocate.

Deux grand-mères représentées par l’avocate Samia Maktouf ont saisi lundi le tribunal administratif de Paris d’un recours pour demander le retour de deux enfants retenus au camp de déplacés de Roj, dans la région autonome du Kurdistan syrien.

Des mineurs « face à un danger de mort certain »

« Le but est évidemment d’obliger la France, un Etat de droit, à réagir, d’autant qu’il s’agit de mineurs abandonnés faisant face à un danger de mort certain », a déclaré Me Maktouf.

Elle demande au tribunal qu’il oblige l’Etat à intervenir sous astreinte de 500 euros par jour et par enfant.

« Cette mesure est d’autant plus urgente et indispensable que ces enfants ont des attaches familiales en France et que notre système judiciaire est apte à les prendre en charge », fait-elle valoir dans un communiqué.

Les enfants, une fillette aujourd’hui âgée de 5 ans et un garçon de 2 ans et demi, sont nés en zone irako-syrienne et ont perdu leurs parents pendant le conflit. La fillette, Z., était la fille d’un ouvrier du bâtiment « endoctriné » qui, à l’âge de 18 ans, avait quitté la France en 2012 avec sa compagne « convertie et radicalisée comme lui » avant de gagner la Syrie, selon la requête dont a eu connaissance l’AFP.

« Des conditions d’hygiène rudimentaires »

La mère du petit garçon, R., avait quitté la France en septembre 2014, aux débuts du califat. Brillante collégienne, elle se destinait à des études d’infirmières avant son « endoctrinement » sur internet par « un converti radicalisé européen ». Elle est décédée lors des bombardements de la coalition internationale sur Raqqa, tout comme son époux.

[( Les enfants « sont pris en charge à tour de rôle par des mamans, dans ce camp où les conditions d’hygiène sont rudimentaires », a déploré l’avocate.)]

Dans son recours, elle estime que la France, en s’abstenant de porter secours à ces enfants « en péril », méconnaîtrait les dispositions de la Convention de l’Onu relative aux droits de l’enfant, dont Paris est signataire, ainsi que la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.

Saisi d’une demande similaire, un juge bruxellois avait contraint la Belgique fin décembre à rapatrier six enfants belges de jihadistes retenus avec leurs mères dans un camp kurde. Cette décision a été annulée en appel le 27 février.

Réticente au retour des adultes, la France s’est dite à l’automne ouverte au rapatriement des enfants, qui sont une centaine dans les camps en Syrie, à commencer par les orphelins. Mais sans donner de calendrier.

Cette démarche devant la justice administrative divise toutefois d’autres avocats de familles concernées. Les saisines de telles juridictions sont « nécessairement inefficaces et sans objet », en l’absence de représentation de l’Etat ou d’autorités consulaires en Syrie depuis 2012, soulignaient les avocats Marie Dosé, William Bourdon et Martin Pradel dans un communiqué le 28 février.

Ces avocats, qui défendent des familles d’enfants de jihadistes français actuellement dans des camps au Kurdistan syrien, ont choisi de saisir le Comité des droits de l’enfant de l’ONU contre la France, dénonçant l’« inaction » de l’Etat.

Video ici