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France : La majorité macroniste toujours incapable de se faire une religion sur la laïcité

Une candidate LREM voilée aux élections ?

vendredi 22 mars 2019, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/politique/face-l-islam-politique-les-macronistes-sans-boussole

Déchirure interne
La majorité macroniste toujours incapable de se faire une religion sur la laïcité

Par Hadrien Mathoux

Publié le 02/10/2018 à19:23

Les députés LREM Aurélien Taché et François Cormier-Bouligeon se sont violemment pris àpartie sur Twitter, le second accusant le premier de défendre des positions communautaristes. Une nouvelle preuve que la laïcité reste un impensé chez les marcheurs de l’Assemblée.

Au sein d’une majorité habituée aux échanges convenus et àla novlangue consensuelle, l’échange a fait désordre. Sur Twitter, ce lundi 1er octobre, les députés macronistes Aurélien Taché et François Cormier-Bouligeon ont fait étalage de l’étendue de leurs désaccords politiques, alors qu’ils cohabitent au sein du même groupe parlementaire. Thème de la passe d’armes : la laïcité et leur conception de la République, rien de moins.

Tout est parti d’un message public envoyé par Aurélien Taché àAgnès Thill... sur un tout autre sujet. Cette autre députée macroniste mène depuis plusieurs semaines un combat résolu contre l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Sur France 5, elle s’était étonnée que la majorité, dans un même mouvement, lance le plan contre la pauvreté et crée « des femmes seules avec des enfants ». Une sortie qui a déclenché l’ire d’Aurélien Taché, fervent partisan de la mesure sociétale. « Quand on est progressiste, ce n’est pas en maintenant une discrimination légale qu’on lutte contre la pauvreté mais avec une politique sociale émancipatrice (...) », attaque-t-il.

Un troisième député En Marche intervient alors dans la bisbille. Il s’agit de François Cormier-Bouligeon, élu du Cher. « Tu n’es peut-être pas le mieux placé pour faire la leçon sur le progressisme et l’émancipation au vu de tes positions plus proches du communautarisme que de la laïcité, tranche celui qui fut le chef de cabinet adjoint d’Emmanuel Macron au ministère de l’Economie. Agnès Thill défend des positions personnelles et a le mérite de ne pas engager la République en Marche. » Voilàla laïcité mise sur la table. Aurélien Taché réplique, courroucé : « Défendre les libertés pour toutes et tous, quelle que soit l’orientation sexuelle, l’origine ou la religion, c’est cela le progressisme. En exclure les musulman(e)s...cela porte un autre nom et c’est un délit, pas une opinion. » Ce àquoi son collègue répond : « Ton accusation est grave et insultante. Elle démontre la mauvaise foi de ton positionnement qui indigne nombre de nos collègues ».

Si les passes d’armes entre députés de bords politiques différents sont fréquentes, la violence de l’échange qui oppose deux hommes se côtoyant au sein du groupe LREM est frappante. Elle illustre l’abîme qui oppose certains députés marcheurs en matière de laïcité. De ce point de vue-là, Aurélien Taché place ses pions de longue date, en prônant une approche la plus « inclusive » possible. Ancien président de l’Unef àLimoges, le jeune (34 ans) élu du Val-d’Oise avait ainsi vigoureusement défendu Maryam Pouchetoux, responsable élue du syndicat étudiant arborant le voile islamique. Il s’était également prononcé en faveur du retrait des associations religieuses de la liste des lobbies. En parallèle du débat sur l’organisation de l’islam en France, le député avait clamé que ce culte faisait « pleinement partie de l’identité française », regrettant qu’il n’y ait pas « toujours eu dans la République un rapport simple àla religion » - il avait en sus estimé sur France 5 qu’« aujourd’hui, des jeunes femmes qui portent le voile, c’est la France ». Le député, qui se prévaut auprès du Figaro d’être « sur la même ligne que celle du président de la République » en matière de laïcité, est même allé jusqu’às’afficher « heureux d’avoir posé la première pierre de la mosquée de Jouy le Moutier », le 15 septembre dernier.

Autant de prises de position qui font grincer des dents, et notamment celles de François Cormier-Bouligeon, joint par Marianne. Laïque convaincu, ce député nous explique qu’il a voulu par son intervention « dénier àAurélien Taché et àquiconque le droit de faire la police politique et de décider qui est progressiste, y compris en public sur les réseaux sociaux. » Interrogé sur les positions politiques de son collègue àLREM, le parlementaire n’hésite pas y aller franchement : « J’apprécie assez peu la tartufferie en politique. Qu’il prétende parler de progressisme et d’émancipation alors qu’il défend des positions selon moi loin d’être émancipatrices pour les femmes, j’ai trouvé cela un peu culotté. » D’après François Cormier-Bouligeon, Aurélien Taché développe « une vision de la laïcité qui est plutôt anglo-saxonne, pour être poli ». Citant les affaires de la responsable voilée de l’Unef et de l’inauguration d’une mosquée, le député du Cher argumente : « On doit pouvoir donner la liberté aux femmes de confession musulmane de porter ou pas le voile, mais on ne peut pas àla fois porter le voile et se prétendre féministe et émancipée ». Ce point de vue a d’ailleurs donné lieu àune nouvelle escarmouche entre les deux hommes sur Twitter. « Assigner une partie de nos concitoyens àl’observance des pratiques les plus obscurantistes est contraire àl’idée même d’émancipation », a estimé Cormier-Bouligeon. « Je n’assigne personne àquoi que ce soit, mais n’ai pas une conception àgéométrie variable de la liberté. En les qualifiant par principe d’obscurantistes, tu insultes toutes les femmes qui font simplement le choix d’exprimer une conviction religieuse et rien ne t’y autorise », a répondu Taché.

Aurélien Taché, communautariste macroniste ?

D’après François Cormier-Bouligeon, les diverses initiatives du député du Val-d’Oise établissent « un faisceau d’indices troublant » indiquant qu’Aurélien Taché défend des idées « communautaristes » et considère « que la loi de 1905 est uniquement une loi de liberté religieuse ». Face àcette ligne se rapprochant du multiculturalisme, l’élu du Cher affiche sa différence laïque : « Je suis autant attaché àla liberté de croire que de ne pas croire. Je ne considère aucun citoyen de ma circonscription ou de mon pays comme appartenant àun groupe ou àune communauté, c’est cela l’universalisme républicain, chercher àcréer du commun. » Contacté, Aurélien Taché n’a pour sa part pas donné suite ànotre demande d’entretien.

Un tel accrochage public, difficile àimaginer sur les sujets économiques qui unissent davantage la majorité, prouve au moins une chose : la laïcité reste un thème en friche en Macronie, l’ambiguïté étant nourrie par les diverses prises de position du chef de l’Etat. La majorité incline-t-elle davantage vers une laïcité républicaine ou vers un multiculturalisme « inclusif » ? Le débat est toujours ouvert, et François Cormier-Bouligeon se dit déterminé à« rassembler sur une ligne républicaine ouverte », tranchant avec l’approche jugée trop clivante de Manuel Valls. Pour clarifier les choses, le député appelle àla création « d’un séminaire sur la question de laïcité pour pouvoir entendre des chercheurs, philosophes, politistes, élus et auteurs de toutes les sensibilités, afin que les députés LREM puissent se forger une conviction. » Car plus d’un an après leur arrivée au pouvoir, les parlementaires macronistes ne se sont toujours pas fait une religion sur le sujet.

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Source : https://www.marianne.net/politique/laicite-voile-candidate-elections-lrem-marlene-schiappa

Laïcité
Une candidate LREM voilée aux élections ? Marlène Schiappa veut « voir au cas par cas »

Par Louis Nadau

Publié le 20/03/2019 à12:21

La secrétaire d’Etat àl’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a laissé la porte ouverte, ce mercredi 20 mars sur Europe 1, àla candidature d’une femme voilée sous l’étiquette LREM lors des élections municipales voire européennes.

Des candidates LREM arborant un voile islamique pour les élections municipales de 2020, voire les européennes cette année ? « S’il y avait une bonne candidature d’une femme voilée, je pense que ça devrait être étudié au cas par cas », a répondu ce mercredi 20 mars la secrétaire d’Etat àl’Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, sur Europe 1. Précisant néanmoins aussitôt que la question « ne se posait pas àsa connaissance ».

Video ici 0:35

Alors que la majorité, qui se réunit ce mercredi soir pour une conférence àhuis clos sur la laïcité, apparaît très divisée sur ce sujet, la secrétaire d’Etat prend donc le parti inverse de la députée de La République en marche Anne-Christine Lang, qui a affirmé dans L’Express le 13 mars qu’elle ne « mettrai[t] jamais un pied dans l’Hémicycle s’il y avait une femme voilée » – ce qu’interdit de toute façon le règlement de l’Assemblée nationale. « Il faut aborder cette question pour les municipales. C’est un vrai sujet », a insisté l’élue parisienne.

Voir article 9 : Tenue en séance ici

« Je vois mal comment des candidates voilées peuvent être compatibles avec les valeurs de notre mouvement », a renchéri le même jour dans L’Obs un autre député macroniste, Guillaume Vuilletet.

Marlène Schiappa plus tranchée sur le voile de l’Unef

Marlène Schiappa, classée dans le camp des défenseurs d’une laïcité stricte au sein de LREM, répond ce mercredi qu’il « n’est pas utile de crisper inutilement sur de tels sujets ». « Actuellement, il n’y a rien légalement qui empêche une femme qui porte un voile de se présenter àdes élections », fait valoir la secrétaire d’Etat.

Un arrêt du conseil d’Etat du 23 décembre 2010, rendu après que le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) eut présenté une candidate voilée, Ilham Moussaïd, aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur, permet en effet de se présenter àune élection en arborant un signe religieux. « La circonstance qu’un candidat àune élection affiche son appartenance àune religion est sans incidence sur la liberté de choix des électeurs et ne met pas en cause l’indépendance des élus », avait alors considéré la plus haute juridiction administrative, tranchant : « Aucune norme constitutionnelle, et notamment pas le principe de laïcité, n’impose que soient exclues du droit de se porter candidates àdes élections des personnes qui entendraient, àl’occasion de cette candidature, faire état de leurs convictions religieuses ».

Si la candidature d’une femme voilée sous l’étiquette LREM n’est pas contraire àla loi, elle semble toutefois s’opposer aux convictions défendues jusqu’ici par Marlène Schiappa. En mai 2018, l’auteure de Laïcité, interrogée sur le port du voile par une représentante de l’Unef, pointait ainsi une « contradiction entre le fait de promouvoir tout ce que signifie le voile » et « les valeurs » du syndicat étudiant. « Ã‡a m’interpelle que l’Unef ait choisi comme porte-parole une personne qui a des signes manifestes de promotion de l’islam politique », insistait encore Marlène Schiappa. Alors, c’est « non » pour une représentante syndicale, mais « Ã voir » pour une candidate aux élections ?