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France : Voile : 2 nouveaux livres

jeudi 28 mars 2019, par siawi3

Source : http://premium.lefigaro.fr/vox/societe/2019/03/22/31003-20190322ARTFIG00096-fatiha-boudjahlat-et-jeannette-bougrab-deux-femmes-opposees-au-voile-islamique.php

Fatiha Boudjahlat et Jeannette Bougrab : deux femmes opposées au voile islamique

Par Alexandre Devecchio

Mis à jour le 22/03/2019 à 19h36 | Publié le 22/03/2019 à 15h38

FIGAROVOX/LECTURE - Fatiha Boudjahlat et Jeannette Bougrab sont de cette génération de femmes de culture musulmane qui se battent contre l’islamisme. Elles publient chacune un essai décryptant la signification politique profonde du voile.

Tout a commencé le 18 septembre 1989 : au collège de Creil, trois adolescentes sont exclues car elles refusent d’enlever ce qu’on appelle encore « le foulard » islamique. L’opinion et la classe politique se divisent. Les uns dénoncent l’exclusion et voient dans le port du tchador une tradition anodine ; les autres défendent le principe de laïcité et s’interrogent sur la montée d’un prosélytisme islamiste. Première polémique d’une très longue série.

Malgré la loi de 2004 sur l’interdiction des signes religieux dans les écoles publiques, la société française continue à se déchirer sur la question du voile. Voir récemment le scandale provoqué par la commercialisation d’un « hijab de running » par Décathlon ou la mise à pied pour discrimination d’une salariée d’Etam qui aurait refusé d’examiner le CV d’une candidate voilée.

Hijab, jilbab, niqab, burqa : les Français n’ignorent plus rien des cinquante nuances du voile islamique, majoritaire dans certains quartiers. Pourtant, une partie des observateurs et des politiques persiste à ne voir dans celui-ci qu’un symbole religieux inoffensif, un simple bout de tissu, un accessoire de mode, comparable au « serre-tête porté par certaines jeunes filles catholiques » (Aurélien Taché).

Un discours que tente de déconstruire une nouvelle génération de femmes de culture musulmane comme Zineb El Rhazoui, Lydia Guirous ou Sonia Mabrouk. Mais aussi Fatiha Agag-Boudjahlat et Jeannette Bougrab.

Dans Combattre le voilement (1), préfacé par Elisabeth Badinter (l’une des premières féministes à s’être levées contre le voile en 1989), Fatiha Agag-Boudjahlat analyse les tactiques des islamistes pour normaliser et banaliser le voile : grâce notamment à la figure sympathique de la maman voilée lors des sorties scolaires, mais aussi par le voilement inquiétant des toutes petites filles. Dans Lettre aux femmes voilées et à ceux qui les soutiennent (2), Jeannette Bougrab rappelle que la question du voile n’est pas seulement française et rend hommage aux héroïnes musulmanes qui, à Alger, Téhéran, Riyad, Djakarta, revendiquent de ne pas porter le voile. Parfois au prix de leur vie.

Toutes les deux refusent de se laisser enfermer dans un simple débat juridique sur les règles de la laïcité. Comme la philosophe Catherine Kintzler, elles estiment que « le voilement est une fausse question laïque, mais une vraie question politique ». Elles rappellent que, plus qu’un signe religieux, il s’agit d’un instrument d’oppression des femmes en même temps qu’un étendard agité par les islamistes pour conquérir la société. Les deux femmes s’adressent autant à ces derniers qu’à leurs idiots utiles. En particulier les « néoféministes » qui, en France, défendent le port du voile. Pour Bougrab et Boudjahlat, elles sont coupables de trahison envers les musulmanes persécutées qui tentent partout dans le monde d’échapper au joug islamiste.

(1) Le Cerf, 217 p., 18 €.
(2) Le Cerf, 193 p., 18 €.