Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > fundamentalism / shrinking secular space > France : A Paris, une manifestation anti-Bouteflika tourne àl’agression (...)

France : A Paris, une manifestation anti-Bouteflika tourne àl’agression transphobe

VIDEO

mardi 2 avril 2019, par siawi3

Source : https://www.marianne.net/societe/paris-manifestation-anti-bouteflika-tourne-agression-transphobe?_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ%3D%3D

A Paris, une manifestation anti-Bouteflika tourne àl’agression transphobe

Par Louis Nadau

Publié le 02/04/2019 à12:41, modifié le 02/04/2019 à18:40

Des opposants au régime d’Abdelaziz Bouteflika qui manifestaient dimanche place de la République, àParis, s’en sont pris àune femme transgenre qui passait par là. La vidéo de l’agression a été diffusée sur Twitter ce mardi 2 avril et une enquête a été ouverte par le parquet de Paris.

Video ici O:34

Enquête ouverte par le Parquet pour violences aggravées

Selon BFMTV, une enquête a été ouverte par le parquet de Paris pour « violences aggravées par la circonstance qu’elles ont été commises àraison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre ». Une personne d’abord placée en garde àvue aurait été relâchée.

Une personne agressée pour ce qu’elle est en pleine manifestation pour la liberté ? C’est possible. La scène, filmée par un témoin, se passe àParis, place de la République, ce dimanche 31 mars. Dans la vidéo diffusée sur Twitter, on voit une jeune femme grimper la volée de marches de la sortie du métro, qui débouchent sur ce lieu de rassemblement traditionnel des manifestations politiques en tout genre. La veille de l’annonce de la démission prochaine du président Abdelaziz Bouteflika, des membres de la communauté algérienne y sont ce jour-làen pleine manifestation contre le pouvoir.

Plusieurs jeunes hommes l’entourent alors et lancent des moqueries àson encontre, manifestement en raison du fait que la victime soit transgenre. « Petite douceur », « chocolat », entend-on fuser sur la vidéo de l’incident. Un homme se permet également de lui ébouriffer les cheveux, avant de s’éloigner. Une jeune manifestante vient soutenir la passante, lui prenant le bras pour l’éloigner àson tour, puis un jeune homme tente de s’interposer alors que la victime de ces humiliations publiques se dirige vers celui qui l’a agressée. Une brève échauffourée s’engage, ce dernier lui assénant plusieurs coups de poing, avant que des manifestants puis des agents de la RATP ne les séparent.

[(« D’autres hommes m’ont jeté de la bière du haut des marches, m’ont insultée. Un homme m’a giflée. »)]

La vidéo de cette agression transphobe a été diffusée sur Twitter par le militant LGBTQ Lyes Alouane, qui a lui-même déjàtémoigné publiquement des agressions homophobes qu’il a subies dans son quartier de Gennevilliers. « Effet de meute insupportable contre cette personne. Nous adressons tout notre soutien àla victime. Les auteurs de ces actes doivent être sanctionnés », a réagi l’association SOS homophobie.

La victime, qui se prénomme Julia, a livré son témoignage au Huffington Post, expliquant que son agression a commencé dès sa sortie de la rame de métro, avant la scène captée en vidéo, lorsque plusieurs hommes l’ont bloquée, dont l’un a « sorti son sexe et m’a demandé de ‘lui faire du bien’. J’ai voulu partir et remonter les escaliers. D’autres hommes m’ont jeté de la bière du haut des marches, m’ont insultée. Un homme m’a giflée ». Une fois mise àl’abri, la jeune femme rapporte par ailleurs que les agents de la RATP l’ont sermonnée sur sa présence place de la République ce jour-là, ainsi que sur sa tenue : « Ils m’ont ensuite dit ‘il ne faut pas s’habiller comme ça, Monsieur’, sous-entendant que si je n’avais pas mis ce short, je n’aurais pas été agressée ». Elle annonce également qu’après avoir hésité, elle portera plainte mercredi.

Emmanuel Grégoire, premier adjoint àla mairie de Paris, a réagi : « Les auteurs de cette lâche agression doivent être identifiés et condamnés », a tweeté le bras droit d’Anne Hidalgo, qui s’est elle-même dite « indignée par cette agression transphobe ».