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France : « J’veux du soleil » - Les Gilets Jaunes au cinéma

documentaire

dimanche 7 avril 2019, par siawi3

Source : https://www.huffingtonpost.fr/entry/jveux-du-soleil-la-reponse-cinglante-de-ruffin-a-rugy_fr_5ca44a73e4b079824024351d

POLITIQUE
03/04/2019 08:14 CEST | Actualisé il y a 1 heure

« J’veux du soleil » : la réponse cinglante de Ruffin à Rugy

Le député François Ruffin n’a pas apprécié ce tweet du ministre de la Transition écologique et solidaire.

« J’veux du soleil » : la réponse cinglante de Ruffin à Rugy.

POLITIQUE - C’est une pique que le réalisateur de “J’veux du soleil”, François Ruffin, n’a pas appréciée. Alors qu’il présentait son film sur les gilets jaunes mardi dans un cinéma des Champs-Élysées, François Ruffin a été interpellé sur Twitter par le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy.

“Si c’est un succès quand votre film fait 20.000 spectateurs, qu’en est-il quand 500.000 citoyens participent à un débat et remettent des contributions”, a-t-il lancé sur le réseau social, mardi soir, en référence au grand débat qui s’achève.

Le député de Picardie n’a pas tardé à réagir dans la soirée, en faisant référence au salaire du ministre.

François Ruffin

@Francois_Ruffin

20 000 entrées payantes : jamais personne n’a payé pour voir François De Rugy, même s’il nous coûte 9940 euros (bruts). #Jveuxdusoleil

Pour rappel, le député avait boycotté l’invitation vendredi à l’Élysée en tant que député, tout en mettant en scène un pique-nique en contre-point du déjeuner du chef de l’État avec des élus des Hauts-de-France.

Soutien de la première heure des gilets jaunes, François Ruffin a affirmé à l’AFP vouloir avec ce film toucher les “gilets jaunes qui se trouvent beaux à l’écran” et “la classe intermédiaire, grande absente de cette automne, qui se diront ‘Bon sang, j’en suis et j’y vais’”.

Video ici 3:11

Lire aussi :

« J’veux du soleil » : Ruffin aux sources des gilets jaunes
On a vu le road-movie de Ruffin aux sources des gilets jaunes

°°°

Source : http://www.gaucherepublicaine.org/a-lire-a-voir-a-ecouter/jveux-du-soleil/7403214

J’veux du soleil

Publié par Vincent Denorme

Tourné en six jours et monté en une poignée de semaines, J’veux du soleil est habité par un sentiment d’urgence. Urgence de voir et d’entendre, sans fard, ces femmes et ces hommes debout, croisés lors d’une virée du nord au sud du pays par le tandem Perret-Ruffin. Des hommes et des femmes qui tiennent depuis plusieurs mois toutes les formes de pouvoir dans une salutaire intranquilité.

J’veux du soleil est loin d’être un documentaire à thèse (politique), certains professionnels de la révolution ne manqueront d’ailleurs pas de critiquer l’absence d’une quelconque démonstration. Le duo signe avant tout un film de proximité tissé de rencontres au sein d’un environnement dégradé à l’image de ces vies cabossées : ronds-points, péages d’autoroute ou zones commerciales. Cependant, derrière ces visages fatigués qui se succèdent, ces vies humiliées qui se racontent, nul misérabilisme.

Au contraire, sur cette misère méprisée, niée, rendue honteuse par le pouvoir, des paroles s’éclairent. Des mots sont posés au fil des rencontres. Des mots qui énoncent un désir de collectif à reconstruire et une volonté de lutter. C’est, pour ce charpentier au chômage, « apprendre à se connaître » et tisser de la fraternité à un échangeur d’autoroute. C’est Khaled qui, sur le rond-point, retrouve une conscience de classe. C’est l’énergie de Cindy qui ne veut plus : « J’y vais, je fonce ».

Construire une cabane et la reconstruire encore, écourter sa nuit pour mettre en place un barrage filtrant, se mettre à lire la Constitution, le film saisit cette prise de vouloir en œuvre.

L’irruption de l’humanité vivante pointe au gré d’une dérive filmique et territoriale. Cette humanité perce derrière les souffrances sociales, captée à bonne distance par la caméra de Gilles Perret. Elle est l’exact contrepoint de l’idéal type du « gilet jaune » braillard, vulgaire et violent construit par les commentaires suffisants et infantilisants des éditorialistes de cours et de plateaux tv.

Réalisé avec une économie de moyens assumée, J’veux du soleil préserve à l’écran la vitalité des conditions d’un tournage abrupt. Le pari esthétique du film est finalement à l’image de ce portrait peint monumental et improbable de « Marcel » revêtant le gilet jaune, dressé au milieu de nulle part. C’est un film frontal et entêté dans la volonté de saisir une énergie vivante et rugueuse, celle d’une résistance populaire.

En complément du nocturne et urbain film de Matthieu Bareyre, L’époque ; J’veux du soleil est un film tout aussi nécessaire car il prend également au plus juste le pouls d’un peuple qui ne veut plus face à un pouvoir qui ne peut plus.

[(J’veux du soleil de Gilles Perret et François Ruffin. France, 2019, 80 min. Montage : Cécile Dubois ; mixage : Léon Rousseau. Production : Les 400 Clous. Distribution : Jour2Fête et Fakir. Sortie nationale le 3 avril 2019.)]