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Algérie : Un président par intérim qui est un homme clé du ’système’

L’opposition fustige la convocation de la réunion du Parlement

mardi 9 avril 2019, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2019/04/09/en-algerie-la-delicate-question-de-l-interim-de-bouteflika_5447716_3212.html

Algérie : Abdelkader Bensalah nommé président par intérim

Cette décision du Parlement est conforme à ce que prévoit la Constitution, mais elle va à l’encontre de ce que réclament les Algériens

Le Monde avec AFP

Publié aujourd’hui 9.04.19 à 10h09, mis à jour à 12h11

Le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, a été nommé mardi 9 avril président par intérim, pour 90 jours, lors d’une réunion du Parlement algérien selon la télévision nationale.

Cette décision est conforme à ce que prévoit la Constitution. Mais elle va à l’encontre de ce que réclament les Algériens qui continuent massivement à manifester pour réclamer le départ de l’ensemble du « système » Bouteflika, dont M. Bensalah est issu.

Cette nomination arrive une semaine après la démission d’Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril, sous la pression conjuguée de la rue et de l’armée.
Vendredi, jour de manifestations hebdomadaires depuis plus d’un mois, les Algériens ont de nouveau défilé en masse pour exiger que soient exclus du processus de transition les hommes clés du « système ». Un trio a été particulièrement visé : Abdelkader Bensalah, Tayeb Belaïz (le président du Conseil constitutionnel) et Noureddine Bedoui (le premier ministre).

Trouver « un homme consensuel »

Le Mouvement de la société pour la paix (MSP, 34 députés sur 462), principal parti islamiste et longtemps soutien du camp Bouteflika avant de rompre en 2012, avait indiqué qu’il boycotterait mardi la session parlementaire, refusant de « valider la désignation d’Abdelkader Bensalah comme chef de l’Etat par intérim », car « contraire aux revendications du peuple ».

En revanche, le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, de facto le nouvel homme fort du pays, avait exigé que la succession de M. Bouteflika se fasse dans le strict cadre de la Constitution.

Celle-ci prévoit que le président du Conseil de la nation transmette le pouvoir avant l’expiration d’un délai de 90 jours à un nouveau chef de l’Etat élu lors d’une présidentielle. Le mouvement de contestation réclame, lui, de sortir de ce cadre pour mettre sur pied des institutions de transition permettant d’engager des réformes profondes et d’organiser des élections libres.

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Source : https://www.elwatan.com/edition/actualite/vacance-du-poste-de-president-lopposition-fustige-la-convocation-de-la-reunion-du-parlement-09-04-2019

Vacance du poste de président : L’opposition fustige la convocation de la réunion du Parlement

Hocine Lamriben

09 avril 2019 à 10 h 20 min

La réunion du Parlement, prévue aujourd’hui à Alger, pour constater la vacance de la présidence de la République et confier l’intérim à Abdelkader Bensalah, se tiendra sous le signe du boycott par les députés de l’opposition.

Hier, le MSP a annoncé que les élus du parti bouderont cette réunion. « Participer à cette session serait une confirmation de Abdelkader Bensalah comme chef de l’Etat, ce qui est en contradiction avec les revendications du peuple, exprimées clairement par le hirak populaire », a fait savoir le MSP dans un communiqué.

Le parti de Abderrazak Makri a estimé que la démission du président Bouteflika est « définitive », selon la Constitution et que la réunion des deux Chambres du Parlement n’est qu’« une formalité suivant l’article 102 de la Constitution en cas de démission ».

Evoquant l’activation de l’article 102, le MSP a estimé que cette option pourrait constituer une solution, « si elle est accompagnée des réformes politiques qui garantissent la concrétisation de la volonté populaire à travers des élections libres et transparentes », ainsi que « d’autres dispositions qui garantissent une transition démocratique réussie ».

A ce titre, le MSP a formulé le vœu que « l’institution militaire se limite à l’accompagnement de la transition politique et que le hirak se poursuive jusqu’à la concrétisation de la volonté populaire ».

De son côté, le RCD a fustigé, à nouveau, le recours à la convocation de la réunion du Parlement pour la désignation d’un Président intérimaire. « En convoquant le Parlement, le pouvoir s’entête dans un formalisme constitutionnel voué à l’impasse ou au coup de force permanent sous l’injonction d’un pouvoir de fait qui veut squatter la volonté populaire et empêcher le nouveau départ tant attendu », a mis en garde le parti dans un communiqué. « Vouloir imposer une nouvelle tutelle issue du système politique, qui a ruiné le pays, à un peuple mobilisé dans la rue et à travers tous les secteurs d’activité pour un changement radical du système, n’a pas d’autre nom : c’est le détournement de la volonté du peuple pour lui confisquer une révolution qui a fait l’admiration du monde entier », a dénoncé le parti. « Ce pouvoir de fait qui a dénié aux citoyens le droit à la liberté et à la justice, depuis 1962, est une partie du problème algérien.

Il est inapte et il ne peut prétendre aujourd’hui à piloter une transition démocratique revendiquée haut et fort par les forces vives et le pays profond », a ajouté le RCD.

Pour sa part, la FFS a dénoncé, avant-hier, « la convocation des deux Chambres du Parlement illégitime et impopulaire pour le mardi 9 avril 2019, par un pouvoir autiste qui n’entend pas la voix du peuple, dans une vaine tentative de reconduire les responsables du régime afin de le pérenniser, de le renforcer et de le consolider ». « Le peuple dans toutes ses composantes et à travers tout le territoire national exige un changement radical du système en rejetant ses deux béquilles institutionnelles (APN et Sénat) » et « c’est au peuple algérien qu’il appartient de reconstruire l’Etat et ses institutions de manière souveraine et démocratique après 57 ans d’un régime autoritaire qui a empêché toute alternance démocratique », a souligné le parti dans un communiqué.

Par ailleurs, le plus vieux parti de l’opposition a fait savoir qu’il a procédé à « la levée de la couverture politique aux parlementaires du parti qui n’ont pas démissionné », et ce, « pour non-respect de la décision relative au retrait des parlementaires du FFS des deux Chambres du Parlement, prise par les instances politiques du parti le 6 mars 2019, conformément à la charte de l’élu et aux textes du parti ».

D’autres formations de l’opposition ne participeront pas, aussi, à cette session prévue une semaine après l’annonce de la démission, sous la pression conjuguée de la rue et de l’armée, du président Bouteflika.

C’est le cas des députés du PT, qui a déjà retiré ses représentants de la Chambre basse du Parlement en signe de soutien au mouvement populaire.

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Source : https://www.atlasinfo.fr/President-par-interim-en-Algerie-Bensalah-un-pur-produit-du-regime_a99574.html

Président par intérim en Algérie : Abdelkader Bensalah, un pur produit du régime

Mardi 9 Avril 2019 - 12:51

Atlasinfo (avec AFP)

Mardi 9 Avril 2019 modifié le Mardi 9 Avril 2019 - 17:15

Nommé mardi chef de l’Etat par intérim en vertu de la constitution, Abdelkader Bensalah, président depuis près de 17 ans de la chambre haute du Parlement, est un pur produit du pouvoir algérien.

Président par intérim en Algérie : Abdelkader Bensalah, un pur produit du régime
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Né le 24 novembre 1941 dans la région de Tlemcen, près de la frontière marocaine, M. Bensalah est un fidèle de son prédécesseur Abdelaziz Bouteflika, contraint à la démission le 2 avril par un mouvement de contestation massif.

Cacique du régime dominé par le Front de libération nationale (FLN) depuis l’indépendance en 1962, il est à la tête du Conseil de la Nation —la chambre haute du Parlement- depuis 2002, soit trois ans à peine après le début de la présidence Bouteflika.

De taille moyenne, cet homme de 77 ans, au visage rond et à la chevelure argentée, représentait souvent ces dernières années, en Algérie ou à l’étranger, Abdelaziz Bouteflika, absent de la scène publique depuis un AVC en 2013.

C’est lui qui occupait le siège de l’Algérie lors du sommet de la Ligue arabe à Tunis le 31 mars.

Député, ambassadeur, haut fonctionnaire ministériel, sénateur, il a multiplié les fonctions et présidé les deux chambres du Parlement, sans jamais devenir ministre.

Un fonctionnaire du Conseil de la Nation l’ayant côtoyé le décrit comme un homme souvent jovial, mais capable d’une grande sévérité.

Sans talent oratoire particulier, c’est un bon serviteur du système, décrit un homme politique ayant travaillé avec lui, qui attribue à sa discrétion, entretenue jusqu’à frôler l’effacement, sa longévité dans les allées du pouvoir.

« Se rendre utile au moment opportun, c’est ce qu’il sait faire, lui qui ne s’exprime que rarement sur des questions liées à la gestion des affaires de l’Etat », écrivait de lui le quotidien francophone El Watan en 2015.

Abdelkader Bensalah n’a pas 18 ans quand il rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN), qui combat depuis 1954 l’armée coloniale française.

A l’indépendance en 1962, il obtient une bourse et part étudier le droit à Damas, avant de rentrer en Algérie où il intègre en 1967 la rédaction du quotidien national arabophone El Chaab (« Le Peuple »), à une époque où l’Etat détient le monopole de la presse et des médias.

Après une carrière dans la presse d’Etat, notamment comme correspondant à l’étranger, il est élu député en 1977. Réélu deux fois, il préside pendant 10 ans la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée Populaire nationale (APN, chambre basse).

Ambassadeur d’Algérie en Arabie saoudite de 1989 à 1993, il est ensuite porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

En 1994, il est élu à la tête du Conseil national de Transition (CNT), deuxième Parlement transitoire mis sur pied pour pallier l’absence d’Assemblée après l’interruption des législatives de 1991-1992, que s’apprêtaient à remporter le Front islamique du Salut (FIS).

Quatre ans plus tard, le Rassemblement national démocratique (RND) qu’il vient de contribuer à créer remporte les législatives, propulsant M. Bensalah, réélu député, à la présidence de l’APN.

En 2002, nommé par le chef de l’Etat, au titre du « tiers présidentiel », au Conseil de la Nation, il en prend la présidence. Depuis, il a été systématiquement réélu tous les trois ans à ce poste qui lui confère la charge de l’intérim en cas de décès, démission, ou « empêchement » du président du fait d’une maladie grave et durable.

Comme en 2013, lorsque l’hypothèse d’un intérim était évoqué lors de la longue hospitalisation à Paris du président Bouteflika, victime d’un AVC, une polémique sur ses origines est récemment réapparue.

Certains de ses détracteurs l’accusent d’être Marocain de naissance et d’avoir été naturalisé Algérien dans les années 1960, ce qui l’empêcherait d’assurer les fonctions présidentielles, même de façon intérimaire. M. Bensalah a toujours catégoriquement démenti.

Longtemps dans l’ombre, le voila propulsé à la tête de l’Etat algérien pour trois mois.

Au cours de cette période, il va devoir organiser une présidentielle délicate, dans un pays théâtre depuis plus d’un mois d’une contestation inédite qui réclame le départ de l’ensemble d’un « système » qu’il sert avec dévouement depuis plus de 40 ans.

« Dégage Bensalah ! », scandaient encore mardi matin des centaines d’étudiants descendus dans les rues d’Alger.