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Make Rojava green again — Construire une société écologique

Pour une économie libertaire

dimanche 30 juin 2019, par siawi3

Source : https://www.revue-ballast.fr/cartouches-44/

[( Make Rojava green again — Construire une société écologique,

par la Commune internationaliste du Rojava
Atelier de création libertaire, 2019)]

Au nord de la Syrie. Une révolution, celle du Rojava, inspirée par l’idéologie confédéraliste du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), elle-même nourrie des travaux du penseur écologiste étasunien Murray Bookchin.

En 2018, la Commune internationaliste a lancé, en coopération avec le comité pour l’écologie du canton de Cizîrê, la campagne « Make Rojava green again » (« Faisons reverdir le Rojava ») : cet ouvrage, édité en langue française par l’Atelier de création libertaire, en propose une présentation aussi limpide que stimulante.

On sait la guerre, les sacs de sable, les fusils d’assaut, les martyrs des deux sexes, la résistance kurde et arabe contre Daech, la Turquie de l’AKP et certaines factions islamistes ; on sait moins la vie à l’arrière, celle qui fertilisera, le sang séché, la vie future.
L’écologie est l’une des composantes du Contrat social de la Révolution ; la Commune en a fait son socle. La construction d’une société écologique et démocratique exige une « réconciliation entre l’humain et la nature », malmenée, dominée et exploitée par la modernité marchande, urbaine et industrielle.

Se revendiquant explicitement de l’écologie sociale de Bookchin, la Commune expose un à un les problèmes éminemment concrets auquel doit faire face le Rojava, où se cultive essentiellement le blé, le coton et les olives : l’eau potable manque ; la production et le transport du pétrole polluent le sol, l’air et l’eau ; la production d’électricité est défaillante ; les déchets ne sont pas recyclés ; les monocultures se comptent en trop grand nombre ; le recours aux pesticides, cancérigènes, est en augmentation.

« [L]e Rojava est un terrain idéal pour diverses formes de production d’énergie renouvelable », avance toutefois la Commune. Avant d’exposer les chantiers en cours : favoriser la conscience écologique locale, reboiser les terres de l’Académie internationaliste et en trier les déchets, prendre en charge les eaux usées ou construire une pépinière.

« Créez deux, trois, plein de Rojava ! » [E.B.]

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Source : https://www.revue-ballast.fr/cartouches-44/

[(Pour une économie libertaire,
de Frédéric Antonini

Nada, 2019)]

On en rêvait, on l’attendait. Certes, il s’agit là d’un tout petit livre programmatique dont le sous-titre indique le véritable objet : pistes et réflexions. On attendra donc encore un peu le « grand œuvre », tout en se réjouissant que les éditions Nada ouvrent la porte à ce type de travail. Car une fois décrite, analysée, décortiquée avec minutie la société que nous ne voulons pas, reste à inventer celle que nous désirons. Parmi ces chantiers d’une anarchie positive, l’économie figure au premier plan : si l’on ne se contente pas d’un capitalisme plus ou moins dérégulé et des différentes figures du néolibéralisme qu’il suscite, il faut en effet s’interroger sur les autres configurations possibles d’une « économie de type libertaire » — ni capitaliste, ni collectiviste — qui se fixerait un but simple : la « généralisation du bien-vivre ». L’auteur esquisse une réflexion sur les limites de la propriété qui rejoint les développements de Proudhon en la matière — non pas le refus absolu de la propriété, ancrée dans une forme de besoin anthropologique légitime (disposer d’un lieu où vivre, de livres, de souvenirs…), mais une propriété « débarrassée de ses abus », qui ne serait plus « associée au lucre ». De même, il explore la question de l’autogestion, réfléchit à de nouveaux modes de distribution de la production, s’interroge sur la possibilité d’élargir le concept de « prix unique du livre » à d’autres sphères de la société, se demande comment on doit rémunérer le travail, et ce que serait une monnaie, un crédit ou un système bancaire libertaires, c’est-à-dire mis au service d’un projet commun qui poserait comme pré-requis « la liberté ou l’auto-décision, l’égalité, la responsabilité, la coopération sociale ou l’entraide, la justice sociale ». Les chantiers sont immenses, chaque « fragment » appellerait des développements, mais ce texte présente le mérite de nous rappeler que « la réformation libertaire de l’économie et de la société constitue une voie réaliste du présent et de l’avenir » : quant au moment de bascule sociétal ou révolutionnaire, il « constitue le débouché nécessaire de l’extension des pratiques substitutives libertaires vers leur indispensable systématisation ». En résumé, attelons-nous à la tâche ici et maintenant, avec les moyens du bord, plus nombreux qu’on n’ose le croire. [A.B.]