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Algérie : La rue demande la libération des détenus

samedi 3 août 2019, par siawi3

Source : https://www.elwatan.com/edition/actualite/greve-et-marche-a-ouzellaguen-bejaia-liberez-nos-enfants-avant-laid-01-08-2019

Grève et marche à Ouzellaguen (Béjaïa) : « Libérez nos enfants avant l’Aïd »
Hier, lors de la marche des citoyens à Ighzer Amokrane

Kamel Medjedoub

01 août 2019 à 10 h 15 min

La ville d’Ighzer Amokrane, chef-lieu de la commune d’Ouzellaguen, 55 km au sud-ouest de la ville de Béjaïa, a vécu hier, pour la troisième fois depuis près d’un mois, une journée de mobilisation quasi générale pour exiger la libération des détenus d’opinion, dont deux sont issus de cette région historique. Une libération « immédiate et inconditionnelle » et que cessent les persécutions et les poursuites judiciaires contre tous les militants du mouvement citoyen, réclame-t-on.

Paralysée par une grève générale pendant toute la matinée, Ighzer Amokrane a vibré sous les pas de quelques milliers de personnes qui ont marché sous un soleil de plomb, à partir du marché communal jusqu’au carré des martyrs du Printemps noir, se trouvant à même l’esplanade du siège de la mairie.

Aux côtés des hommes et même des enfants, les femmes étaient nombreuses à s’impliquer dans cette action de rue que l’on veut une marche de colère et de dignité qui se renouvelle et qui sonne le rappel d’une bonne partie de la population, dont celle des localités environnantes. Dans la rue, des jeunes et des beaucoup moins jeunes, dont des mères éplorées et indignées, certaines venues avec des bébés dans les bras, et des grand-mères traînant courageusement le pas, difficile et lourd, sur l’asphalte.

Certaines ont sûrement le souvenir intact du Congrès de la Soummam, pour l’avoir vécu de loin ou de près dans ces montagnes altières d’Ifri qui surplombent Ouzellaguen. Dans 19 jours, on le rappellera en célébrant dans cette conjoncture particulière le 20 Août 1956. Ifri-Ouzellaguen forment ensemble le nom de la même daïra et se partagent une glorieuse histoire commune. Entre les grappes de slogans criés ou chantés par la procession humaine d’hier, ces femmes lancent de temps à autre des youyous qui rappellent ceux qu’on faisait retentir à chaque fois que tombait au champ d’honneur un martyr de la guerre de l’indépendance. « Tamurt tsamurt-negh, harant-id lwaldine negh » (Le pays est le nôtre, nos parents l’ont libéré), crie d’une voix vibrante et étouffée la mère de Tahar Oudihat, arrêté à Alger le 21 juin dernier, avec une quinzaine d’autres manifestants, pour avoir brandi le drapeau amazigh. Depuis l’arrestation de son fils, elle est de toutes les manifestations de la région. Le pouvoir a semé en elle une nouvelle énergie, il en a fait une militante engagée et inlassable, une de plus, malgré l’âge. « Libérez mon fils », sa pancarte, elle ne la baisse que le temps de s’essuyer le front en sueurs.

A côté d’elle, des manifestants sont venus nombreux vêtus de t-shirt flanqués des portraits des deux détenus de la région. « Libérez Yazid », exige l’une des pancartes. Yazid Kasmi a été, lui aussi, arrêté à Alger, coupable du port de l’emblème amazigh. Il a été pris un 5 juillet. « Nos chouhada ont libéré le pays, eux, ils nous jettent en prison », accuse madame Oudihat. « De grâce, laissez l’Algérie tranquille, laissez la place aux jeunes. Partez ! Assez de votre abus de pouvoir ! » s’écrie, outrée, sa voisine dans le carré.

Des cœurs pleins

Au chef d’état-major de l’ANP, Ahmed Gaïd Salah, on en veut à mourir. « Ramène tes enfants pour qu’ils goûtent à notre misère ! », lui lance une femme. Derrière les centaines de voix furieuses qui crient leur colère dans des slogans rageurs dédiés au patron de l’armée, il y a des cœurs pleins d’aigreur et d’exaspération. « Le drapeau amazigh est le nôtre. Nous brûlons de peine pour nos enfants. Si vous, vous arrivez à dormir et à manger, nous, nous ne dormons pas et nous ne mangeons pas. Libérez nos enfants avant l’Aïd », demande, suppliant presque, Brahim Ouidir, le père de Khaled, un autre jeune de Tazmalt, mis sous mandat de dépôt pour le même motif de port du drapeau amazigh.

Au-dessus des têtes des manifestants, pancartes et banderoles foisonnent. Sur l’une de ces dernières, il est rappelé aux tenants du pouvoir algérien du moment qu’« Ifri-Ouzellaguen, terre des hommes libres, exige la libération des détenus d’opinion ». La banderole prend toute la largeur de la route nationale n°26, visible comme l’est la colère saine des marcheurs. Sur cette même route, en 2001, de jeunes manifestants ont été abattus par les forces de l’ordre.

Devant leurs tombes, à côté du siège de l’APC, les manifestants ont observé une minute de silence, les deux doigts levés vers le ciel en signe du V de la victoire, après une marche qui a rappelé les plaies ouvertes du Printemps noir et ses inextinguibles slogans : « Pouvoir assassin ! » et « Oulach smah oulach » (pas de pardon). Les manifestants d’aujourd’hui les reprennent en y ajoutant la brûlante exigence d’une « Dawla madania matchi askaria » (Etat civil et non militaire) et d’une « Djazair houra démocratia » (Algérie libre et démocratique).

La marche a pris fin sans incident, avec le même sentiment du devoir accompli et de l’urgence du maintien de la « résistance ». « Aux familles de tous les détenus, nous disons que nous resterons mobilisés, la révolution du 22 février nous la continuerons. Les arrestations, les intimidations et la répression policières ne pourront pas nous stopper sur notre chemin vers une Algérie libre et démocratique », a affirmé, dans un mégaphone, un étudiant, sous une salve de youyous, chauds et dignes.

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Source : https://www.algerie-focus.com/2019/08/malgre-la-degradation-de-son-etat-de-sante-la-demande-de-mise-en-liberte-provisoire-du-moudjahid-lakhdar-bouregaa-refusee/

Malgré la dégradation de son état de santé / La demande de mise en liberté provisoire du moudjahid Lakhdar Bouregâa refusée

Par La rédaction

1 août 20191021

Le juge d’instruction près le tribunal de Bir Mourad Raïs a refusé d’accorder la liberté provisoire au moudjahid Lakhdar Bouregâa, commandant de l’ALN et icône incontestable de la wilaya IV historique. Le commandant Bouregâa est accusé d’outrage à corps constitués et d’atteinte au moral de l’ANP”.

Arrêté le 30 juin dernier, Lakhdar Bouregâa (86 ans) est en prison depuis un mois. Le 17 juillet dernier, les avocats qui se sont constitués pour le défendre avaient introduit une demande de mise en liberté provisoire. Cette dernière a été rejetée.

Dans un communiqué, le collectif des avocats pour le changement et la dignité a indiqué que “ladite demande a été introduite pour des raisons de santé et appuyée par un dossier médical”. La décision du juge a été perçue comme un “déni” qui “confirme, encore une fois, que la justice en Algérie obéit à autre chose que la loi”.