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France : Secret de la confession et pédocriminalité

jeudi 7 octobre 2021, par siawi3

Source : https://www.ouest-france.fr/societe/religions/secret-de-la-confession-et-pedocriminalite-le-tolle-provoque-par-mgr-de-moulins-beaufort-en-4-actes-2de4bcc4-2789-11ec-8c95-4dff48bc79c9


Secret de la confession et pédocriminalité
. Le tollé provoqué par Mgr de Moulins-Beaufort en 4 actes

Nombreuses critiques, convocation par le ministre de l’Intérieur… Les propos de Mgr Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France, affirmant que le secret de la confession était « plus fort que les lois de la République » n’en finissent pas de faire réagir. On vous résume la polémique en quatre actes.

Photo : Eric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France (CEF). | THOMAS COEX / AFP

Ouest-France Avec agences.

Publié le 07/10/2021 à 20h39

Mgr Éric de Moulins-Beaufort a déclaré mercredi 6 octobre sur Franceinfo que le secret de la confession était « plus fort que les lois de la République » au lendemain de la remise du rapport de la Commission indépendante sur les abus dans l’Église (Ciase). Ses déclarations ont suscité la polémique.

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« Afin de s’expliquer sur ses propos », le ministre de l’Intérieur a convoqué le président de la Conférence des évêques de France (CEF) la semaine prochaine. Ce jeudi, Mgr Eric de Moulins-Beaufort a réagi dans un communiqué en défendant le secret de la confession, « qui a toujours été respecté par la République française » et qui « n’est pas contraire au droit pénal français ».

Retour sur ce tollé en quatre actes.

Acte I. « Le secret de la confession est plus fort que les lois de la République ».

Invité au micro de Franceinfo, Mgr Éric de Moulins-Beaufort a déclaré mercredi 6 octobre que le secret de la confession était « plus fort que les lois de la République » au lendemain de la remise du rapport de la Commission indépendante sur les abus dans l’Église (Ciase).

Pourtant, comme le rappelle Franceinfo, la loi est extrêmement claire à ce sujet. L’article 434-3 du code pénal martèle que « le fait, pour quiconque ayant connaissance d’agressions ou atteintes sexuelles infligés à un mineur de ne pas en informer les autorités judiciaires ou administratives ou de continuer à ne pas informer ces autorités tant que ces infractions n’ont pas cessé est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende. »

Une peine qui monte jusqu’à « cinq ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende » pour des faits qui concerneraient un mineur de moins de 15 ans. Une loi dont ne sont pas exempts les hommes d’Église.

Lire aussi : Violences sexuelles dans l’Église : les chiffres « choc » du rapport Sauvé

Acte II. Le tollé provoqué par ses propos

Les déclarations de l’homme d’Église ont suscité une vague d’indignation. « Inacceptables et d’une particulière gravité », a fustigé sur Twitter Gilles Clavreul, haut fonctionnaire et cofondateur du Printemps Républicain. « Non », a déclaré Corinne Narassiguin, secrétaire nationale du Parti socialiste, sur un tweet reprenant l’affirmation de l’archevêque de Reims.

« Où sont passés ceux qui crient au séparatisme dès qu’un musulman parle et ne disent rien quand un évêque appelle les prêtres à ignorer la loi de la République sous un prétexte religieux ? », s’est interrogée la députée européenne Manon Aubry (LFI), toujours sur Twitter.

De son côté, le cofondateur de l’association Vigie de la laïcité, Nicolas Cadène, a rappelé au micro de Franceinfo que « la loi de la République l’emporte toujours dans le cadre laïc ».

À l’issue du conseil des ministres, ce jeudi 7 octobre, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a réaffirmé la primauté des lois de la République en France. « Rien n’est plus fort que les lois de la République », a-t-il déclaré.

La ministre déléguée à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a fait valoir jeudi qu’on ne « pouvait pas dire aux autres religions « vous devez respecter les lois de la République » et dire que, là, il y aurait une exception » pour la religion catholique. « Quand on a connaissance du fait qu’un crime sexuel est commis sur un enfant, a-t-elle poursuivi, on a le devoir de protéger cet enfant et de signaler les pédocriminels aux forces de l’ordre ou à de la justice », a-t-elle ajouté.

Acte III. Le ministre de l’Intérieur convoque Mgr Éric de Moulins-Beaufort après ses propos

« Afin de s’expliquer sur ses propos », le ministre de l’Intérieur, en charge des cultes, a convoqué le président de la Conférence des évêques de France la semaine prochaine. L’homme d’Église s’entretiendra mardi avec Gérald Darmanin à 14 h.

Le rendez-vous permettra d’échanger « sur le sens du sacrement de la confession pour les catholiques et sur les fondements théologiques, spirituels et canoniques du secret de la confession », a souligné de Mgr Eric Moulins-Beaufort, dans un communiqué ce jeudi 7 octobre.

Acte IV. Mgr Éric de Moulins-Beaufort se défend

Face à ce tollé, l’archevêque de Reims, a tenu à apporter dans la soirée des précisions en publiant un communiqué sur les réseaux sociaux. Ce jeudi 7 octobre, il a de nouveau défendu le secret de la confession, « qui a toujours été respecté par la République française » et qui « n’est pas contraire au droit pénal français ».

Dans un communiqué, l’homme d’Église ajoute qu’il a accepté ce qu’il qualifie d’« invitation » du ministre de l’Intérieur.
« Ce sera pour lui l’occasion de rappeler qu’aujourd’hui, le secret de la confession, imposé aux prêtres par le droit canonique, n’est pas contraire au droit pénal français, comme le souligne la circulaire de la chancellerie du 11 août 2004 » (sur le secret professionnel des ministres du culte), est-il indiqué.

Selon le président de la CEF, « le secret de la confession a toujours été respecté par la République française. C’est l’honneur de la République française que de respecter ainsi la dignité de la conscience de chacun ».

Il précise également que « la confession est aussi un moment durant lequel une personne victime, par exemple un enfant, peut évoquer ce qu’elle a subi et être rassurée sur son innocence… Parce que la certitude du secret lui permet de livrer ce qui lui est le plus difficile. Ce temps peut être alors, sur les encouragements du prêtre qui reçoit cette confession, une première étape dans la libération de la parole, en dehors du sacrement ».

Eric de Moulins-Beaufort a cependant assuré être à la recherche d’une alternative à la levée de ce secret. « Il faut que nous trouvions un moyen de le faire autrement », a-t-il expliqué, précisant que la CEF regarderait « de très près la recommandation de la Ciase ».

Le rapport Sauvé a préconisé mardi aux autorités de l’Église de relayer un message clair aux confesseurs et aux fidèles, sur l’obligation du confesseur à signaler aux autorités judiciaires et administratives les cas de violences sexuelles infligées à un mineur ou à une personne vulnérable.