Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > impact on women / resistance > France : L’hommage anti-« woke » d’Emmanuel Macron à Joséphine Baker

France : L’hommage anti-« woke » d’Emmanuel Macron à Joséphine Baker

dimanche 5 décembre 2021, par siawi3

Source : https://www.liberation.fr/politique/lhommage-anti-woke-demmanuel-macron-a-josephine-baker-20211201_DX3YKXGZFFHJHK6RWG44UCDHEI/

L’hommage anti-« woke » d’Emmanuel Macron à Joséphine Baker

Vantant « l’universalisme » de l’artiste fraîchement panthéonisée, le chef de l’Etat y a opposé de supposés combats comme « l’irréductibilité de la cause noire », dans un discours aux sous-titres anti-woke.

Image : Emmanuel Macron lors de son discours en hommage à Joséphine Baker au Panthéon à Paris, mardi. (Sarah Meyssonnier /AFP)

par Etienne Baldit

publié le 1er décembre 2021 à 11h42

Le calendrier n’avait pas été calé en fonction d’Eric Zemmour, mais il faut avouer que son annonce de candidature présidentielle ne pouvait que rendre plus pertinente encore l’entrée, le même jour, de Joséphine Baker au Panthéon. Lors de son discours en hommage à l’artiste, résistante, bisexuelle, féministe et antiraciste, Emmanuel Macron a bel et bien – en creux – envoyé un message à la partie de la France qui se retrouve dans les discours du polémiste multicondamné, aux antipodes du symbole « Joséphine ». Mais pas que.

Car le Président a aussi profité de l’occasion pour attaquer – toujours en creux mais en des termes transparents – ce qui fait actuellement figure de kryptonite de tout individu de droite : le wokisme. Il avait d’ailleurs prévenu de cette intention, dans un aparté avec son conseiller « mémoire » Bruno Roger-Petit, rapporté par l’Obs la semaine dernière : « Les woke français ne vont pas être contents ! ». A Libé, un conseiller de l’exécutif prévenait aussi : « On dit que la campagne présidentielle se jouera sur le projet de société qu’on veut présenter aux Français. Mardi, c’est l’occasion pour Macron de dire quelle France il veut. »

A lire aussi dans Chez Pol : L’hommage anti-« woke » d’Emmanuel Macron à Joséphine Baker

LR approuve ce message

Appliquant à la lettre son plan de jeu, le chef de l’Etat a donc salué : « Joséphine Baker ne défendait pas une couleur de peau, elle portait une certaine idée de l’homme, et militait pour la liberté de chacun. Sa cause était l’universalisme, l’unité du genre humain. L’égalité de tous avant l’identité de chacun. L’hospitalité pour toutes les différences réunies par une même volonté, une même dignité. L’émancipation contre l’assignation. »

L’adversaire n’a pas de nom, mais la diatribe contre toute revendication considérée comme « communautariste » ou « racialiste » est claire. Et le chef de l’Etat de fustiger tout ce qui, ne collant pas exactement à ces critères bakeriens, son « manifeste humaniste » et son « épiphanie de l’universalisme », serait finalement antirépublicain et antifrançais : « Elle était plus française que jamais. Infiniment juste, infiniment fraternelle, infiniment de France. Et que nul aujourd’hui ne fasse mentir ou ne détourne son combat universel ! » Puis : « Ce n’était pas un combat pour s’affirmer comme noire avant de se définir comme américaine ou française ; ce n’était pas un combat pour dire l’irréductibilité de la cause noire, non. Mais bien pour être citoyenne, libre, digne. Complètement. Résolument. »

On ne sait pas ce qu’aurait pensé Joséphine Baker de ce sous-texte, l’intéressée ne s’étant pas elle-même prononcée sur ces concepts inexistants à son époque. On peut en revanche affirmer que certains, dans la classe politique française actuelle, ont dû applaudir des deux mains. De Jean-Michel Blanquer à la tête de son think-tank anti-woke aux candidats au congrès LR. Mardi soir, Valérie Pécresse (entre autres) a elle aussi rendu hommage à la sixième femme (et première noire) à entrer au Panthéon en agitant tous les chiffons rouges possibles à la veille du vote des militants de droite : « C’était une patriote mais pas une communautariste, une antiraciste mais pas une indigéniste, une féministe mais pas une wokiste, elle n’était pas enfermée dans les idéologies. »