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Ayesha Malik, première femme juge nommée à la Cour suprême du Pakistan

mercredi 12 janvier 2022, par siawi3

Source : http://www.slate.fr/story/221886/ayesha-malik-premiere-femme-juge-nommee-cour-supreme-pakistan-egalite?utm_source=ownpage&utm_medium=newsletter&utm_campaign=daily_20220110&_ope=eyJndWlkIjoiZWU1YTU1MWQyNmQzMmYxMmE0MzMyZDY4NmJjYmFiMmUifQ%3D%3D

Ayesha Malik, première femme juge nommée à la Cour suprême du Pakistan

Repéré par Léa Polverini

8 janvier 2022 à 10h47

La juge s’était illustrée l’année dernière en interdisant les tests de virginité sur les femmes victimes de viol.

Photo : Ayesha Malik, première femme nommée juge de la Cour suprême du Pakistan. | Geo News via YouTube

Repéré sur The Guardian

C’est une nomination historique, qui voit accéder pour la première fois de l’histoire du pays une femme à la plus haute commission judiciaire du Pakistan : la juge Ayesha A. Malik devrait bientôt siéger à la Cour suprême pakistanaise.

Soutenue par le président de la Cour suprême, Gulzar Ahmed, sa nomination, annoncée le 6 janvier 2022, doit désormais être confirmée par un groupe parlementaire.

Maleeka Bokhari, la secrétaire parlementaire pour le Droit et la Justice, s’est félicitée de cette nouvelle comme constituant « un moment important et décisif pour notre pays », et a salué « les plafonds de verre qui se brisent et les femmes ».

Faire sauter les plafonds de verre

Si cette décision a été largement saluée par les défenseurs et défenseuses de la lutte pour l’égalité des genres, elle n’a pas été prise sans rencontrer une forte opposition institutionnelle : l’année dernière déjà, une commission de neuf juges avait refusé sa nomination à la Cour suprême –elle a cette année reçu cinq voix favorables contre quatre défavorables. Menaçant de se mettre en grève si Ayesha Malik venait à être nommée à la Cour, un groupe d’avocats et de juge a récemment contesté sa nomination, arguant qu’elle dérogeait aux règles en matière d’ancienneté, Malik ne faisant pas partie des trois premiers juges seniors de la haute cour de Lahore, où elle siège depuis 2012.

Pour Imaan Mazari-Hazir, avocate à Islamabad, « les femmes ont, par le passé, été empêchées de devenir juges en chef de leurs hautes cours respectives, et le fait que nous n’ayons pas eu une seule femme à la Cour suprême jusqu’à présent illustre qu’il existe effectivement une misogynie profondément ancrée dans la fraternité juridique ».

Ayesha Malik, qui fait partie de l’Association internationale des femmes juges, et a consacré sa carrière à la défense des droits des femmes, s’était fait connaître l’année dernière en interdisant les tests de virginité sur les femmes ayant subi un viol. En rendant ce verdict, qui s’applique dans l’État du Pendjab, elle avait déclaré : « Il s’agit d’une pratique humiliante, qui est utilisée pour jeter la suspicion sur la victime, au lieu de se concentrer sur l’accusé et l’incident de violence sexuelle. »

Sa récente nomination à la Cour suprême, en plus de créer un précédent, pourrait à terme avoir un effet sur le système judiciaire Pakistanais, en permettant de pousser des réformes plus égalitaires, et en ouvrant la voie à d’autres femmes dans le domaine juridique.