Subscribe to Secularism is a Womens Issue

Secularism is a Women’s Issue

Accueil > impact on women / resistance > Les femmes en pleine guerre en Ukraine

Les femmes en pleine guerre en Ukraine

jeudi 26 mai 2022, par siawi3

Source : https://www.huffingtonpost.fr/entry/les-femmes-en-pleine-guerre-en-ukraine-dossier_fr_628b7e57e4b01a50ab5afaf7?utm_source=Sailthru&utm_medium=email&utm_campaign=NLSoir2405&utm_term=fr-daily-brief

Les femmes en pleine guerre en Ukraine

DOSSIER

Ce mardi 24 mai, cela fait trois mois que la Russie a commencé son offensive en Ukraine. À cette occasion, nous publions un dossier sur les Ukrainiennes, celles qui sont restées, celles qui tentent de fuir, celles qui subissent des violences sexuelles.

Par
Marine Le Breton

24/05/2022 06:45 CEST | Actualisé il y a 9 heures

Photo : Des femmes manifestent contre le viol et les violences contre les femmes en Ukraine, le 21 avril 2022 à Berlin, en Allemagne.
picture alliance via Getty Images

UKRAINE - Le 24 février commençait la guerre russe en Ukraine. Depuis trois mois, le pays vit au rythme des combats, des avancées ou des reculs des troupes russes. Au moins 15.000 hommes auraient perdu la vie du côté ukrainien. 8 millions d’Ukrainiens ont été déplacés à l’intérieur du pays, sans compter les 6,4 millions qui ont fui à l’étranger.

Si la loi martiale, qui vient d’être prolongée de trois mois, concerne les hommes âgés de 18 à 60 ans, certaines femmes ont elles aussi décidé d’être sur tous les fronts, de faire partie de la résistance et de prendre les armes. Parmi elles, certaines vivent des atrocités qu’il est difficile de décrire, notamment des viols. Le viol de guerre a toujours existé pendant les conflits, et la guerre en Ukraine ne fait pas exception.

Qu’elles aient choisi de rester qu’elles tentent de fuir ou qu’elles y soient parvenues, les Ukrainiennes peuvent se retrouver en situation de très grande vulnérabilité. C’est à elles que Le HuffPost a choisi de consacrer son nouveau dossier, publié ce mardi 24 mai, trois mois après l’invasion décidée par Vladimir Poutine.

Voici les grandes lignes de ce dossier, dont vous pourrez retrouver le détail dans chaque article.

Pour secourir les Ukrainiennes, elle crée un réseau de covoiturage de femmes à la frontière

Ella Jarmulska

Du covoiturage de femmes et d’enfants, par des femmes. Depuis début mars, des femmes polonaises s’organisent pour transporter des réfugiés ukrainiens en sécurité, depuis l’un des postes-frontières entre l’Ukraine et la Pologne, à Dorohusk.

À l’origine de cette initiative, Ella Jarmulska, entrepreneuse polonaise de 38 ans et mère de famille qui vit en banlieue de Varsovie, la capitale de la Pologne. Au début de la guerre en Ukraine, elle veut agir. Elle commence par organiser une collecte de produits de première nécessité dans l’école de sa fille. De l’argent, des couches, du lait pour bébé, de la nourriture, des médicaments...

➡️ Découvrir l’initiative de ces Polonaises à la frontière ukrainienne

°
Hypertension, naissances prématurées... Le stress de la guerre affecte les femmes enceintes en Ukraine

FADEL SENNA via AFP

“Pour les femmes qui sont restées, il y cette incertitude sur leur futur, sur celui de leur enfant, elles sont anxieuses, stressées.” Olena Serhieienko est sage-femme et membre de l’équipe Médecins du Monde à Dnipro, à l’est de l’Ukraine. Depuis le 24 février, date du début du conflit, elle constate les conséquences de la guerre sur la santé mentale et physique des femmes enceintes restées sur place.

Selon le Fonds des Nations unies pour la population, 265.000 femmes ukrainiennes attendaient un enfant lorsque la guerre a commencé. 80.000 naissances sont attendues d’ici les trois prochains mois.

Sur le terrain, plusieurs reporters américains se sont intéressés à leur situation. Andrew E. Kramer s’est ainsi rendu dans une maternité de Kiev début mai pour le New York Times, Lauren Egan dans un hôpital de Varsovie, la capitale polonaise, pour NBC News fin avril. Tous deux témoignent du stress que ressentent ces femmes, et des complications que celui-ci entraîne pendant leur grossesse.

➡️ En savoir plus sur la situation des femmes enceintes en pleine guerre en Ukraine

°
Le parcours infernal des femmes trans qui tentent de fuir l’Ukraine

DANIEL MIHAILESCU via AFP

“Si votre passeport est au genre masculin, ils ne vous laisseront pas aller à l’étranger, ils ne vous laisseront pas passer.” Zi Faámelu est une femme trans de 31 ans, originaire de Kiev. Si elle a finalement réussi à fuir son pays, elle a d’abord été confrontée à ce qu’elle nomme “une guerre dans la guerre” : la transphobie en plein conflit armé.

En avril, on estimait que 5 millions d’Ukrainiens avaient fui leur pays. Et pour les personnes trans, cette décision de quitter leur foyer présente une difficulté supplémentaire. “Au cours de ma récente visite en Ukraine, j’ai également été informée du fait que certaines personnes transgenres rencontrent des difficultés pour quitter le pays”, expliquait le 17 mai Dunja Mijatović, Commissaire aux droits de l’homme au Conseil de l’Europe.

➡️ Lire l’article qui fait le point sur ce que vivent les femmes trans ukrainiennes

°
Cette ONG se mobilise pour aider les Ukrainiennes à avorter en Pologne

Omar Marques via Getty Images

Alors que le droit à l’avortement est menacé aux États-Unis, le sujet est également bien présent en Pologne, pays très anti-IVG et où de nombreuses femmes ukrainiennes, victimes de trafics, de violences et de viols, sont réfugiées depuis le début de leur guerre avec la Russie. Des ONG et activistes, comme Women On Web, tentent de leur venir en aide.

Service d’aide à l’avortement médicamenteux, l’organisation est présente en Pologne depuis des années. “Avant la guerre, des femmes polonaises traversaient la frontière pour avorter en Ukraine, où la législation était moins dure”, raconte au HuffPost Venny Ala-Siurua, directrice exécutive de l’ONG.

Depuis 2005, Women on Web fournit des kits de pilules abortives aux femmes dont la grossesse date de moins de 12 semaines, dans plus de 200 pays dont la Pologne. “Nous recevons environ 25.000 messages par an de ce pays, chiffre-t-elle. Entre 2020 et 2021, nous avons reçu 60.000 demandes. Même si toutes les demandes n’aboutissent pas, c’est très élevé.”

➡️ Découvrir l’association qui aide les réfugiées ukrainiennes à avorter

°
Comment parler des viols de guerre en Ukraine sans raviver le traumatisme des victimes ?

Adam Berry via Getty Images

Les violences sexuelles sont une fois de plus utilisées comme une arme de guerre. En Ukraine comme dans d’autres conflits, les témoignages et récits de viols et de violences subis par la population ukrainienne, en particulier les femmes, se multiplient. Ils sont difficiles à documenter et risquent quand ils le sont de traumatiser à nouveau les victimes.

Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé le 17 mai le déploiement en Ukraine d’une équipe de 42 enquêteurs et experts, soit la plus grande mission jamais envoyée sur le terrain, pour enquêter sur les crimes commis pendant l’invasion russe.

Sur le terrain, de nombreux acteurs collectent des informations : journalistes, ONG, activistes, acteurs locaux, police, gouvernement ukrainien... Or, tout le monde n’est pas apte et formé à recueillir ces témoignages.

➡️ En savoir plus sur les manières de documenter les viols de guerre

À voir également sur Le HuffPost : À Cannes, une activiste dénonce les viols russes en Ukraine sur le tapis rouge : Video ici

LIRE AUSSI
Serebrennikov et « La femme de Tchaïkovski » embrasent Cannes
Un haut diplomate russe démissionne et parle de « crime contre le peuple ukrainien »