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Avortement en Pologne : l’opposition dénonce « un registre de grossesses » introduit par le pouvoir

mercredi 8 juin 2022, par siawi3

Source : https://www.lemonde.fr/international/article/2022/06/06/avortement-en-pologne-l-opposition-denonce-un-registre-de-grossesses-introduit-par-le-pouvoir_6129133_3210.html

Avortement en Pologne : l’opposition dénonce « un registre de grossesses » introduit par le pouvoir

Il s’agit pour l’opposition parlementaire d’« un nouvel outil de répression » envers les femmes, dans un pays où l’IVG est pratiquement interdit.

Le Monde avec AFP

Publié le 6.06.22 à 19h10, mis à jour à 19h11

Photo : La Pologne, un pays majoritairement catholique, a une des législations les plus restrictives en matière d’avortement en Europe. CZAREK SOKOLOWSKI / AP

En Pologne, l’opposition parlementaire a dénoncé, lundi 6 juin, une disposition gouvernementale obligeant les médecins généralistes à inscrire les grossesses dans un registre numérique médical, ce qui pourrait fournir, selon elle, « un nouvel outil de répression » envers les femmes, dans un pays où l’avortement est pratiquement interdit.

En vertu d’un arrêté du ministre de la santé, Adam Niedzielski, des informations concernant la grossesse doivent figurer dans ce registre à côté de celles sur des maladies, passées ou en cours, des visites médicales, des traitements ou encore le groupe sanguin. Selon le ministère, de telles informations permettront à tout médecin d’aider les patientes.

A l’inverse, la députée libérale Kamila Gasiuk-Pihowicz a déclaré à la presse que ce registre était né « pour pouvoir persécuter et contrôler les femmes polonaises, créer un nouvel outil de répression, (…) d’influence politique de l’Etat sur nos vies, sur notre santé ».

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« S’immiscer dans la vie des femmes »

« A une autre époque, le transfert de telles informations dans le système n’aurait pas suscité d’inquiétudes, mais, dans la situation actuelle, il s’agit pour nous d’un signal sans équivoque d’une nouvelle tentative de l’Etat de s’immiscer dans la vie des femmes », a pour sa part déclaré Joanna Pietrusiewicz, la présidente d’une fondation défendant les droits des femmes, citée par le quotidien Gazeta Wyborcza.

Outre le personnel médical, l’accès au registre numérique médical peut être obtenu par le parquet – actuellement contrôlé par les populistes nationalistes au pouvoir – moyennant la décision d’un tribunal, dans ce pays où des violations de l’Etat de droit ont été constatées à plusieurs reprises par des instances européennes.

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Selon la députée Katarzyna Lubnauer, « depuis six ans, tranche par tranche, les droits reproductifs des femmes sont restreints » en Pologne. « D’abord, on introduit la contraception d’urgence sur ordonnance (…), puis la fécondation in vitro n’est plus financée par le budget de l’Etat, (…) puis intervient ce verdict brutal de la Cour constitutionnelle », qui a interdit, en octobre 2020, l’avortement en cas de malformation grave du fœtus. En vertu de la loi, une femme ayant procédé à une interruption volontaire de grossesse n’est pas poursuivie par la justice, contrairement au médecin qui l’a pratiquée ou aux personnes l’ayant aidée.

La Pologne, un pays majoritairement catholique, a une des législations les plus restrictives en matière d’avortement en Europe. Aujourd’hui, il y a moins de deux mille avortements légaux par an dans le pays, selon les données officielles. Les organisations féministes estiment, par ailleurs, qu’environ 200 000 IVG sont réalisées illégalement ou à l’étranger chaque année.