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Algerie/Mali : In Amenas : l’assaut pour seule option, selon des experts

jeudi 24 janvier 2013, par siawi3

Source : http://www.elwatan.com//actualite/in-amenas-l-assaut-pour-seule-option-selon-des-experts-19-01-2013-200047_109.php

le 19.01.13

L’Algérie, fidèle à sa doctrine, a donné l’assaut sur le site gazier d’In Amenas, une opération qui était sans doute sa seule option malgré des réserves occidentales, jugeaient hier des experts.
Le pays suit « depuis longtemps une stratégie qui consiste à ne laisser aucune chance au terrorisme », stratégie qui « a finalement marché », même si elle « surprend en Occident », explique le Français Frédéric Gallois, ex-patron du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale, spécialisé dans ce type d’opérations (GIGN). « Les Algériens sont mieux placés que quiconque pour savoir qu’on ne négocie pas avec eux. Cela fait vingt ans qu’on est en guerre », dit à l’AFP le romancier Yasmina Khadra, ancien officier algérien. Une guerre qui a fait près de 200 000 morts.

L’« objectif politique » des forces algériennes « est avant tout de neutraliser les terroristes, quand, chez nous, la mission prioritaire c’est de sauver la vie des otages », analyse Frédéric Gallois. « Leur second objectif, c’est de couper l’herbe sous le pied de la propagande islamiste, ils ne veulent pas que ça dure une semaine. » Autre priorité, selon un responsable militaire occidental requérant l’anonymat, la sécurisation du site dans un secteur économique crucial pour le pays.

Aux yeux de Yasmina Khadra, les preneurs d’otages d’In Amenas sont en « mission-suicide », « pour faire un maximum de victimes et peut-être faire sauter le site gazier, ce qui explique la réaction immédiate des forces algériennes » qui se sont dit : « On n’a pas le choix, on va attaquer et on va essayer d’en sauver. »

Failles de sécurité ?

Tranchant avec Londres, Washington ou Tokyo, Paris a relevé le caractère « complexe » de l’opération, mettant en garde contre les critiques faciles. Sous le couvert de l’anonymat, un chercheur occidental évoque « un logiciel à la russe » des Algériens. « Mais au final, les Russes ont éradiqué des groupes terroristes parmi les plus violents au monde », relève Frédéric Gallois, évoquant le théâtre de Moscou et l’école de Beslan. Toutefois, selon Eric Denécé, spécialiste du renseignement au Centre français de recherche sur le renseignement (Cf2R), Alger n’est pas par principe fermé à la négociation.

Dans le dossier de ses diplomates enlevés à Gao en avril, il « a privilégié jusqu’à la semaine dernière la discussion avec les groupes djihadistes », écrit le chercheur dans une note transmise à l’AFP. Mais « sa position a considérablement évolué en quelques jours, suite à la rupture des négociations », et la prise d’otages massive d’In Amenas « n’a fait que confirmer Alger dans sa détermination de poursuivre la lutte contre ces terroristes ». S’il y a un procès qui ne pourra être fait aux Algériens, c’est celui de l’incompétence, insiste Me Denécé. Leurs forces spéciales sont intervenues « au Tchad, au Niger, au Mali, en Mauritanie et en Libye pour neutraliser des bandes armées du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), passées aujourd’hui sous la bannière d’AQMI », écrit-il.

Ils disposent dans le Sud algérien de 3000 hommes « sur le pied de guerre » en vue d’une opération pour libérer leurs diplomates. L’armée, la gendarmerie, la Sûreté nationale et les services de renseignements disposent d’« unités commandos ou antiterroristes », comme le Groupe d’intervention spécial (GIS) créé en 1987 sur le modèle du GIGN et entraîné par les Occidentaux. Sans avoir la « technicité des forces spéciales occidentales », ces unités disposent « d’une très bonne expérience » et de « matériels modernes ». Mais au-delà de l’assaut, des questions se posent sur la sécurité du site, selon Jean-Luc Marret, de la fondation pour la recherche stratégique : il relève que le commando a mené son opération dans une zone ultra-sécurisée mais où la présence de combattants islamistes a été régulièrement signalée.

AFP