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Algérie : une décennie de terrorisme, où les femmes ont payé un lourd tribut.

lundi 11 mars 2013, par siawi3

Mehdia Belkadi

Le Temps d’Algérie, 9 mars

Hier, à l’occasion de la Journée internationale de la femme, l’Observatoire des violences faite aux femmes, avec l’association Djazairouna des victimes et familles des victimes du terrorisme, a tenu un sit-in à Alger, à la mémoire des femmes victimes du terrorisme islamiste. Pas moins de 300 victimes ont été répertoriées dans la seule Mitidja.

Le nombre de femmes violées était tel qu’un décret autorisant l’avortement a été, difficilement, reconnaissons-le, promulgué. Les nom des victimes et quelques-unes de leurs photos étaient brandis par leurs familles, pour qu’elle ne tombe pas dans l’oubli. Lamia, 34 ans, avocate, était là pour sa sœur, Amel, égorgée le 26 janvier 1997, au 17e jour du Ramadhan, alors qu’elle se rendait à la fac de droit. Elle était là pour toutes les autres aussi.

« Celles qui ont affronté le terrorisme, celles qui ont résisté à l’obscurantisme », dit-elle. « C’est grâce à elles que nous avons pu faire des études et travailler, que nous pouvons nous habiller comme nous le souhaitons, que nous existons. C’est grâce à leur sacrifice que nous vivons dans une République ’démocratique’. L’Algérie islamiste dont ils rêvaient, ils ne l’ont pas eue, et ils ne l’auront jamais ! », martèle-t-elle. Quelques passants sont sceptiques. Les photos de femmes semblent gêner. Et la question fatidique de l’Islam et de l’islamisme s’invite.

Ils rouspètent contre l’emploi du terme « islamiste » et considèrent que l’Islam a garanti les droits des femmes. Après des échanges, on s’entend sur la définition de l’islamisme. Mais les photos des femmes dérangent toujours. « Pourquoi alors on ne se rappelle que des femmes victimes ? ». Le nombre élevé de femmes massacrées, kidnappées, violées, et l’occasion du 8 Mars, ne semblent pas convaincre. Pour Lamia, « si l’islamisme n’a peut-être pas vaincu sur le plan politique, idéologiquement, il a gagné la société. Mais nous sommes là », tente-t-elle de rassurer. « Ils peuvent se réjouir des mentalités imprégnées de leur idéologie islamiste, mais nous sommes là et des jeunes comme nous, il y en aura toujours. Nous combattrons toujours ces obscurantistes. »