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Israel : L’UE tape sur les aides et sur les nerfs d’Israël

L’Union coupe ses subventions aux entités travaillant dans les territoires occupés.

lundi 22 juillet 2013, par siawi3

Source : http://journal.liberation.fr/publication/liberation/1294/#!/0_8

Libération, journal numérique du 18 juillet 2013

Par AUDE MARCOVITCH
CORRESPONDANTE À TEL-AVIV

Furieux et surpris : les officiels israéliens ont réagi avec véhémence à la publication des nouvelles directives européennes qui excluent les territoires occupés de la coopération avec l’Union européenne. « Il s’agit d’un document de bureaucrates tout excités parce qu’ils ont produit quelque chose de politique et créé un document machiavélique. Si ce document demeure tel qu’il est, il va mortellement affecter la coopération entre nous et l’UE pour la recherche et le développement », a jugé le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Zeev Elkin, dans une interview au Yédiot Aharonot. Le Premier ministre, Benyamin Nétanyahou, qui a convoqué une réunion ministérielle urgente le soir de la publication de la décision européenne, a réagi en martelant qu’Israël « n’acceptera pas de diktats de l’extérieur sur nos frontières ».

« Tremblement ». Le texte européen couvait depuis plusieurs mois. Il fait suite à une décision prise par les 28 Etats membres du Conseil des affaires étrangères de l’UE, en décembre. « Tous les accords entre l’Etat d’Israël et l’UE doivent sans équivoque et explicitement indiquer leur inapplicabilité aux territoires occupés par Israël en 1967 », y ont affirmé les ministres des Affaires étrangères. Détaillée dans les directives publiées cette semaine et qui prendront effet en janvier, la décision implique que les subventions, les aides à la coopération ou les instruments financiers de l’UE ne seront plus octroyés aux entités israéliennes qui mènent également des activités au-delà de la ligne verte, c’est-à-dire en Cisjordanie, à Jérusalem-Est, sur le plateau du Golan et à Gaza. Les autorités locales ou régionales, les entreprises et les ONG sont concernées.

Contributeur majeur à la recherche et au développement en Israël et premier partenaire commercial du pays, l’UE peut se targuer d’avoir ébranlé le Landerneau politique israélien, certains qualifiant sa décision de véritable « tremblement de terre ». « La décision européenne est une attaque terroriste contre les chances de paix », s’est ainsi alarmé Naftali Bennett, dirigeant de la Maison juive, parti religieux ultranationaliste. Pour la ministre de la Justice, Tzipi Livni, ce décret « regrettable » devrait servir d’« alarme » et pousser au plus vite à la reprise de négociations avec les Palestiniens. Certains analystes y voient une tentative de l’UE d’influer sur le contenu de ces discussions, que John Kerry, le secrétaire d’Etat américain, s’évertue à essayer de remettre en route.

Impréparation. Israël, qui veut la reprise des pourparlers mais « sans préconditions », considère que rendre tous les territoires occupés depuis 1967 n’est pas acceptable pour des raisons sécuritaires. Les grands blocs de colonies, comme Maale Adumim, le Gush Etzion et Ariel, devraient, selon l’Etat hébreu, faire partie du territoire israélien en échange d’autres zones cédées aux Palestiniens.

La décision européenne a également pris de court tous les officiels à Jérusalem. Les médias se font l’écho de l’impréparation de la mission israélienne à Bruxelles - qui a prévenu le ministère des Affaires étrangères à la dernière minute -, qualifiant sa conduite de « fiasco ». Enfin, un analyste du quotidien Maariv (droite) juge tout aussi sévèrement les réactions gouvernementales : « La droite messianique ne comprend pas qu’enterrer la solution à deux Etats risque de conduire à la délégitimation de tout l’Etat d’Israël. Et, fondamentalement, elle ne comprend pas que si le processus de paix échoue, ce n’est que le début de la pente de l’isolement. »