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Tunisie : Alerte SHARIA ! Au niveau de l’Article 127 du Projet de Constitution qui sera bientôt débattu !

samedi 11 janvier 2014, par siawi3

Source : http://blogs.mediapart.fr/blog/salah-horchani/070114/tunisie-alerte-sharia-au-niveau-de-l-article-127-du-projet-de-constitution-qui-sera-bientot-deba

07 janvier 2014 | Par salah horchani

À la page 75 du lien [1] a. , ci-dessous, il existe un amendement relatif au Projet de notre Constitution, déposé par qui vous savez et portant le numéro 70, qui propose le rajout d’un Article au Chapitre « Les Instances Constitutionnelles  » qui porterait le numéro 127 bis relatif àla création d’une Instance Constitutionnelle intitulée :

Conseil Islamique Supérieur = المجلس الإسلامي الأعلى

ayant pour principale mission le contrôle des lois votées.

Ceci est la suite de la vieille entourloupette d’Ennahdha concernant :

La Constitutionnalisation d’un « Conseil Suprême Islamique  » [2]

Le mardi 4 septembre 2012, le groupe des constituants islamistes au sein de la « Commission des Instances Constitutionnelles  » de l’ANC a présenté une proposition appelant àinscrire dans la Constitution un « Conseil Suprême Islamique  », comme « Instance Constitutionnelle  », proposition établissant, en réalité, une Autorité religieuse constitutionnelle jouissant d’un pouvoir parallèle qui risque de mettre en péril l’essence même de l’État civil et moderne qu’est la Tunisie d’aujourd’hui.

En effet, il n’est pas nécessaire d’être un expert en Droit Constitutionnel pour se rendre compte que la Constitutionnalisation d’un « Conseil Suprême Islamique » revient àadopter la Sharia comme source obligée du Droit Tunisien. Car, il coule de source qu’une des prérogatives premières de ce Conseil serait de statuer sur la conformité des lois àl’Islam. Or, pour les islamistes, « il n’y a pas de différence entre l’Islam et la Sharia », d’après la déclaration, très officielle, de Rached Ghannouchi rapportée au paragraphe 4.b. ci-dessus. Donc, une des prérogatives premières de ce Conseil serait de statuer sur la conformité des lois àla Sharia : CQFD !

D’ailleurs, pour épauler leur proposition, les constituants islamistes ont invité l’universitaire et théologien Hmida Ennaifer, un des fondateurs du Mouvement islamiste tunisien, pour argumenter, devant ladite commission, le bien-fondé de la Constitutionnalisation d’un « Conseil Suprême Islamique ». Hmida Ennaifer n’a pas hésité àaffirmer dans sa prestation que « L’Article 1 de la Constitution stipule que la Religion de l’État tunisien est l’Islam. Mais, nous ne disposons ni d’un référentiel islamique en Tunisie qui confirme le contenu de l’Article 1 de la Constitution, ni d’une Autorité religieuse scientifique et historique » (sic) ; ce qui est déjàune interprétation falsifiée islamiste de cet Article 1, puisque cet Article consacre simplement l’Islam comme étant la religion de la Tunisie, dans le sens, religion de la majorité de la société tunisienne, et non « la Religion de l’État tunisien », idée fixe des islamistes qu’Ennahdha va remettre, encore une fois, sur la table, sept mois après, de façon insidieuse, comme il va être exposé dans le paragraphe qui suit, prenant les modernistes, le moins que l’on puisse dire, pour des naïfs.