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Centrafrique : Bangui toujours sous haute tension malgré la démission du Président

lundi 13 janvier 2014, par siawi3

11/01/2014 à23:51

Source : http://actu.orange.fr/une/centrafrique-bangui-toujours-sous-haute-tension-malgre-la-demission-de-djotodia-afp_2771014.html

La capitale de la Centrafrique Bangui était toujours sous tension samedi, après la démission la veille du président Michel Djotodia et son départ pour le Bénin, qui laisse le pays sans exécutif jusqu’àl’élection d’un nouveau dirigeant par le Parlement provisoire.

Photographe : Eric Feferberg : : Des soldats tchadiens de la force africaine Misca passent àcôté des soldats français de l’opération Sangaris, le 10 janvier 2014 àBangui photo : Eric Feferberg, AFP

M. Djotodia est arrivé samedi après-midi dans un avion officiel tchadien au Bénin, en provenance de N’Djamena, où il avait présenté sa démission vendredi. Il a été accueilli àsa descente d’avion àCotonou par le ministre des Affaires étrangères béninois, Nassirou Bako Arifari.

« Le Bénin a accepté de l’accueillir àla demande des Etats membres de la CEEAC (Communauté économique des Etats d’Afrique centrale). C’est notre contribution àla recherche de la paix en Centrafrique », a déclaré Nassirou Bako Arifari.

La famille de Michel Djotodia se trouve déjàau Bénin. L’ex-président a de nombreuses relations dans ce pays, où il s’était exilé dans les années 2000 puis avait été placé en détention àla demande du président centrafricain de l’époque, François Bozizé, qu’il a renversé en mars 2013.

En Centrafrique, fuyant les violences et le climat de haine, les étrangers établis - Tchadiens surtout, mais aussi Ouest-Africains - continuent de quitter le pays en masse. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a commencé àassurer de nouveaux vols samedi pour évacuer dans un premier temps 800 Tchadiens.

Après une nouvelle flambée de pillages dans la nuit de vendredi àsamedi àla suite de la démission de M. Djotodia, la capitale a retrouvé au fil des heures son aspect des jours précédents : calme et apparente normalité dans beaucoup de quartiers, qui masque une extrême tension susceptible àla moindre étincelle de dégénérer en quelques instants en violences.

Mosquée démembrée

Les soldats de la force africaine contrôlaient tous les véhicules, àla recherche d’armes. Près du stade « 20.000 places », des soldats français interrogeaient les habitants sur les violences de la nuit, tandis que les blindés de l’opération Sangaris se montraient ostensiblement dans les rues.

Des pillages ont eu lieu dans divers endroits de la capitale. Au quartier Bimbo, dans le sud de la ville, un groupe majoritairement composé de jeunes hommes vidait et démembrait une mosquée, emportant toiture et briques. « C’est impossible de vivre avec des musulmans », lançait un des pillards, Béranger.

Selon le président de la Croix-rouge centrafricaine, le pasteur Antoine Mbaobogolui, il y a eu « Ã©normément de pillages » pendant la nuit. « Ceux qui ont été pillés àl’arrivée des Séléka (en mars, àla prise du pouvoir par M. Djotodia) pillent àleur tour. Pour eux, c’est le 14 juillet ».

Des tirs ont fait au moins cinq morts pendant la nuit, selon la Croix-rouge.

Michel Djotodia, accusé par la communauté internationale de passivité face aux violences interreligieuses qui ont tourné àdes tueries de masse, a démissionné sous la pression des dirigeants d’Afrique centrale.

Trouver au plus vite un nouveau président

Désormais sans exécutif, puisque le Premier ministre de transition Nicolas Tiangaye a lui aussi démissionné, la Centrafrique doit se trouver - au plus vite, a demandé la France, qui souhaitait le départ de Djotodia - un nouveau président de transition.

La tâche revient au Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire), composé de 135 membres nommés après la prise de pouvoir de M. Djotodia, issus des différents partis politiques, du mouvement Séléka, de la société civile et d’institutions publiques.

le CNT doit ouvrir une session spéciale en début de semaine, après le retour de ses membres samedi àBangui, depuis N’Djamena où ils avaient été convoqués jeudi par les dirigeants d’Afrique centrale.

L’intérim, 15 jours au maximum, sera assuré par le président du CNT, Alexandre-Ferdinand Nguendet.

« Nous attendons que la Cour Constitutionnelle nous notifie la démission du chef de l’Etat de transition. C’est àpartir de cet instant que je vais assumer la vacance » du pouvoir, en vertu de la Constitution de transition, a-t-il expliqué àl’AFP.

Il s’est réengagé samedi àce que l’élection se déroule « dans les conditions fixées » par la charte de transition.

Le représentant spécial de l’ONU àBangui, Babacar Gaye, a lui appelé le CNT « Ã se mobiliser » pour élire un nouvel exécutif.

Le nouvel élu aura la lourde tâche de pacifier le pays, de remettre une administration totalement paralysée en état de marche et de permettre aux centaines de milliers de déplacés de rentrer chez eux. La France a également fait savoir qu’elle souhaitait voir se tenir des élections générales « avant la fin 2014 ».