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Afghanistan – Une nouvelle loi pour réduire au silence les victimes de violences contre les femmes

lundi 10 février 2014, par siawi3

Source : http://www.theguardian.com/world/2014/feb/04/afghanistan-law-victims-violence-women

Un petit changement du code pénal a d’énormes conséquences dans un pays où les meurtres d’honneur et les mariages forcés sont chose commune

Emma Graham-Harrison
The Guardian

, Mardi 4 février 2014 13.33 EST

Les violences contre les femmes en Afghanistan se déroulent surtout dans la famille, ainsi la nouvelle loi signifie qu’il est impossible d’engager des poursuites

Photograph : Paula Bronstein/Getty

Une nouvelle loi afghane permettra aux hommes d’attaquer leur femme, enfants et sœurs sans craindre une punition judiciaire, défaisant de lents progrès pour aborder la violence contre les femmes dans un pays harcelé par les crimes d’honneur, les mariages forcés et les maltraitances domestiques brutales.

Le changement petit mais significatif du code de procédure pénale de l’Afghanistan interdit aux parents d’une personne accusée de témoigner contre elle. Les violences contre les femmes en Afghanistan se déroulent surtout dans la famille, et ainsi la loi- passée au Parlement mais en attente de la signature du Président Hamid Karzai – réduira effectivement au silence les victimes ainsi que la plupart des témoins potentiels de leur souffrance.

« C’est une parodie que ceci se passe,  » a dit Manizha Naderi, directrice d’un groupe de bienfaisance et de militance « Les Femmes pour les femmes afghanes  ». Elle rendra impossible de poursuivre des cas de violence contre les femmes….Les personnes les plus vulnérables n’obtiendront plus justice maintenant.  »

Avec la nouvelle loi, des plaignants ne pourraient jamais venir au tribunal avec des cas comme celui de Sahar Gul, une mariée enfant que la belle-famille avait enchaînée dans une cave, avait affamée, brà»lée et fouettée quand elle avait refusé de travailler comme prostituée pour eux. Des femmes comme Sitara âgée de 31 ans dont le mari avait coupé les lèvres et le nez àla fin de l’année dernière, ne pourraient jamais prendre position contre leurs attaquants.

Des meurtres « d’honneur  » par des pères et des frères qui désapprouvent le comportement d’une femme seraient àpeu près impossible àpunir. Le mariage forcé et la vente ou le commerce de filles pour mettre fin àdes querelles ou régler une dette seraient aussi largement au-delàdu contrôle de la loi dans un pays où la poursuite de malversations est déjàrare.

Sahar Gul
Photograph : Kuni Takahashi/New York Times/ Redux/eyevine

Il est commun dans les systèmes légaux occidentaux de ne pas exiger le témoignage de personnes qui pourraient incriminer leur époux. Mais c’est une exception très étroite, avec peu de ressemblance avec l’interdiction globale planifiée en Afghanistan. Human Rights Watch a dit que “cela laisserait ceux qui battent les femmes et les filles sans responsabilité  ».

Le changement se trouve dans une section de code pénal intitulé « Interdiction de questionner un individu comme témoin  ». D’autres qui sont couverts par l’interdiction sont les enfants mineurs, des docteurs et des avocats de la défense des accusés. A l’origine, les sénateurs voulaient une version plus douce qui éviterait que des parents soient légalement obligés de prendre position dans un cas où ils ne voudraient pas témoigner. Mais les deux Chambres du parlement ont finalement passé une proposition de loi interdisant tout témoignage.

Comme la plupart des Afghans vivent dans une enceinte entourée de murs, partagée seulement par leur famille étendue, ceci couvre la plupart des témoins de violence dans la maison.

La proposition de loi a été envoyée àKarzai qui doit maintenant décider si oui ou non il lui donne force de loi. Après avoir échoué àbloquer le changement au Parlement, des militants mettent tout leur poids àfaire honte au Président afin qu’il suspende la loi.

« Nous demanderons au président de ne pas signer jusqu’àce que cet article soit changé, nous mettrons une grande pression sur lui,  » a dit Selay Ghaffar, directrice de l’abri et du groupe de défense « Assistance humanitaire pour les femmes et les enfants en Afghanistan  ». Elle a dit que les militants espéraient répéter le succès d’une campagne en 2009 qui a forcé àadoucir une loi familiale qui considérait le viol marital comme un droit du mari.

Mais cela, c’était il y a cinq ans, et depuis lors Karzai a présidé des forces conservatrices qui se renforcent. L’année écoulée seulement, le Parlement a bloqué une loi pour diminuer la violence contre les femmes et a supprimé le quota des femmes dans les conseils provinciaux, tandis que le Ministre de la Justice lançait une proposition pour revenir àla lapidation comme punition de l’adultère.

« Au début, ils avaient un peu peur du nouveau gouvernement et des médias,  » a dit Ghaffar se référant àla période peu après la chute des Talibans quand les droits des femmes étaient un point central dans l’attention internationale. « Maintenant, ils font ce qu’ils veulent comme ils ont vu que le gouvernement n’est pas très démocratique ni très en faveur des droits des femmes  ».

Des forces étrangères rentrent chez elle en grand nombre et seront toutes parties àla fin de l’année. Un accord pour garder des forces US en petit nombre pour entraîner des soldats afghans et poursuivre des militants étrangers le long de la frontière avec le Pakistan s’empêtre face àl’opposition de Karzai.

Les liens avec Washington qui sont mauvais depuis des années, ont encore empiré avec les tensions autour de l’accord, la libération de dizaines de prisonniers que les US estiment être des membres dangereux des Talibans, et se querellant au sujet d’attaque d’insurgés et de victimes civiles. Des pays qui ont dépensé des milliards en essayant d’améliorer la justice et les droits humains se focalisent maintenant surtout sur la sécurité, et se retirent de la politique afghane.

Heather Barr, une chercheuse afghane avec Human Rights Watch, a dit : Les opposants aux droits des femmes se sont enhardis l’année écoulée. Ils peuvent voir déjàmaintenant une opportunité pour commencer àinverser les droits des femmes – pas besoin d’attendre 2015. Le manque de réactions des donateurs leur a donné plus d’énergie. Tout le monde savait que cette loi pouvait passer, mais on n’a pas entendu un donateur en parler publiquement.  » (mis en gras par ER)