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Les forces kurdes en Irak : d’un rôle sécuritaire au combat anti-jihadiste

jeudi 21 août 2014, par siawi3

Source : http://actu.orange.fr/monde/les-forces-kurdes-en-irak-d-un-role-securitaire-au-combat-anti-jihadiste-afp_CNT0000003HVgj.html

AFP 21-08-2014 - 16:49

Les forces kurdes en Irak, chargés jusque-làd’assurer la sécurité de leur région relativement calme, sont aujourd’hui confrontés àdes jihadistes aguerris, pâtissant d’un manque d’entraînement et de matériel, sans compter le très grand territoire qu’ils doivent défendre.

L’avancée début aoà»t des jihadistes de l’Etat islamique (EI) dans le nord de la province de Ninive (nord) avait poussé des centaines de milliers de civils àfuir, mais aussi les combattants kurdes (peshmergas) àse retirer en direction d’Erbil, la capitale de leur région autonome du Kurdistan.

Mais fort du soutien aérien américain et de l’appui des forces spéciales de l’armée gouvernementale irakienne et grâce aux livraisons d’armes en provenance de l’étranger, les peshmergas ont commencé peu àpeu àregagner du terrain même s’ils leur restent àfaire pour pouvoir constituer un sérieux danger aux jihadistes.

« L’entraînement est très limité et l’armement inégal », indique Michael Knights, expert au Washington Institute for Near East Policy, en expliquant que certaines unités sont dotées de gilets pare-balle, de véhicules et d’armes lourdes, alors que d’autres ne disposent que de bénévoles àtemps partiel qui peuvent être amenés àfournir leur propre matériel.

L’ennemi est de surcroît redoutable ; les combattants aguerris de l’EI ont ainsi réussi às’emparer en quelques jours de larges pans de territoires en Irak face àune armée en déroute alors qu’ils sont en même temps engagés dans la guerre en Syrie voisine où ils contrôlent aussi d’importantes régions.

Les combattants de l’EI « sont bien entraînés, et possèdent bien plus d’armes qu’ils ont prises àl’armée après la fuite des soldats », indique le général peshmerga Sardar Kamal. Et l’EI « a d’abord bénéficié du facteur surprise ».

- Nouvelle génération -

« Désormais, avec l’appui aérien, des renseignements, une intervention ciblée des Etats-Unis et plus d’équipements et de munitions, (les peshmergas) sont nettement en meilleure posture », explique Anthony Cordesman, du Center for Strategic and International Studies.

« Cependant, ils ne sont pas une force qui a été conçue ou qui est prête pour faire face, seule, àl’EI », estime-t-il.

Pour souligner le danger auquel ils font face, le commandant peshmerga Abdelrahman al-Kawiri, a jugé l’EI « pire que Saddam Hussein », le président irakien renversé en 2003 dans la foulée de l’invasion américaine puis exécuté.

Sous son règne, les Kurdes avaient pourtant subi les pires répressions dans les années 1980, dont la gazage de Halabja qui avait coà»té la vie àdes milliers de membres de leur communauté.

Les peshmergas, qui signifient en kurde « ceux qui affrontent la mort », sont réputés pour avoir de l’expérience dans la guérilla ayant combattu les forces de Saddam Hussein pendant des années. Mais aujourd’hui c’est en partie une nouvelle génération qui est sur le terrain.

Et selon M. Knights, cette réputation ne s’applique pas àla nouvelle génération « qui n’a jamais été (formée) dans la guérilla ». De plus, il n’est pas vrai, selon lui, que « l’expérience de guérilla des vieux chefs peshmergas » soit nécessaire dans les combats actuels.

- Equipements, argent, entraînement -

Autre difficulté pour les peshmergas : l’étendue de territoire qu’ils doivent défendre.

L’offensive de l’EI lancée le 9 juin, a vu àses débuts la débandade de l’armée et des forces de sécurité.

Une déroute dont en ont profité les forces kurdes pour prendre certains des territoires disputés avec Bagdad qu’elles cherchent àrattacher au Kurdistan.

Mais, avec la progression des jihadistes dans le nord, elles se sont retrouvées avec beaucoup plus de territoire àdéfendre.

Auparavant, « la seule chose qu’ils avaient àtenir était les points de passage » du Kurdistan, explique M. Cordesman. Or tenir « une zone beaucoup plus large contre l’EI est beaucoup plus astreignant ».

Pour défaire l’EI, les Kurdes « ont besoin de davantage de troupes, plus d’équipements, plus d’entraînement et, de façon cruciale, de plus d’argent pour payer tout ça », remarque John Drake, un analyste au AKE Group consultancy.

Mais devant la menace des jihadistes de prendre plus de territoires et la crise humanitaire provoquée par leur progression, les Occidentaux ont cherché àrenforcer les forces kurdes ; plusieurs pays occidentaux ont livré des armes et les Etats-Unis ont aussi mené des frappes aériennes.