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France : Impact des extrémismes religieux sur la société, particulièrement sur la vie des femmes

lundi 9 mars 2015, par siawi3

Source : siawi, 5 Mars 2015

Lalia Ducos,
présidente de WICUR et membre de la commission

A l’occasion du 8 Mars et pour la sortie du livre « 20 ans contre les extrémismes religieux » de la Commission de Lutte contre les Extrémismes Religieux de la Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes- CLEF .

Colloque à la maison de l’Europe à Paris, le 5 mars 2015

Depuis des décennies , nous travaillons sur l’impact des extrémismes religieux sur la société et plus particulièrement sur la vie des femmes.

Dans les pays où les femmes ont acquis des droits, dont celui de disposer de leur corps, tous les intégrismes religieux sont d’accord pour revenir sur ces acquis si chèrement arrachés.
Ils ont la même obsession du corps que l’on retrouve dans l’obligation à le couvrir, dans le contrôle de la sexualité des femmes, dans l’interdiction de l’avortement.. ( attaques contre les cliniques et assassinats des professionnels de la médecine aux USA, en Pologne Alycia a perdu la vue parce que l’avortement thérapeutique lui a été refusé, en Irlande une jeune femme d’origine indienne est morte de septicémie pour refus de la faire avorter d’un fœtus mort, en Espagne la mobilisation nationale et internationale a fait échouer le projet d’interdiction de l’avortement )

Nous avons également pour exemple la sainte alliance contre les droits reproductifs, que les femmes avaient déjà subie au cours de la décennie 90 , à la conférence mondiale de l’ONU sur la Population et le Développement au Caire et aussi à Beijing à la conférence sur les femmes.

Le sexisme fait partie des valeurs les mieux partagées par les intégristes de tous bords, qui ne sont jamais autant unis que lorsqu’il s’ agit de porter atteinte aux droits des femmes et aux libertés.

Leur haine de l’homosexualité aussi les réunit et la démonstration en a été faite lors des manifestations contre « le mariage pour tous » et leur position contre tout changement concernant la parentalité.

Dans les pays musulmans, les codes de statut personnel ou codes de la famille sont la première violence envers les femmes : La vie des femmes est régie par des lois et pratiques souvent considérées comme « islamiques » en fonction des diverses interprétations des textes religieux et/ou de l’utilisation politique de la religion -telle que le tutorat, le voile, la
polygamie- ainsi que de la culture - les mutilations sexuelles des femmes, coutume pré-islamique -.

En France les femmes subissent les revendications des islamistes : diktat vestimentaire et alimentaire, interdiction aux filles de fréquenter les salles de piscine, interdiction aux élèves de fréquenter des cours de biologie, les médecins hommes ne doivent pas soigner les femmes, etc ;

Il est important de regarder en face le fait qu’ils reproduisent aujourd’hui en Europe ce qu’ils ont entrepris dans nos pays d’origine. Cela gêne certains progressistes anti-racistes, et une partie des féministes qui ont peur d’être accusées d’ ’Islamophobie’, mais le résultat net c’est l’abandon des femmes qui luttent contre toutes ces agressions intégristes.

L’Iran et l’Algérie ont été des laboratoires sur le sort réservé à toute personne aspirant aux libertés et aux valeurs universelles. Les résistants à l’intégrisme y ont été, hélas, longtemps abandonnés à leur sort par ceux qui auraient pu et du les défendre.

Les femmes sont les cibles préférées des fondamentalistes. Et c’est très intelligent de leur part : car c’est bien pourquoi les premières avancées intégristes ne sont pas combattues par les états qui se disent démocratiques en Europe, ni par les forces progressistes : A leurs yeux les droits des femmes, c’est négligeable !

L’Algérie a connu une décennie sanglante en 90 : des femmes, des lycéennes, des étudiantes, des enseignantes, ont été assassinées pour avoir refuser le diktat vestimentaire, pour avoir continué à aller à l’école , pour avoir continué à travailler ; elles ont été les victimes d’ enlèvements de filles pour le mariage de jouissance (muta’a) dans les maquis, de viols collectifs.

Et les Algériennes ont vécu ces horreurs dans l’isolement international alors que les chefs islamistes qui revendiquaient ces crimes avaient et leur bases logistiques, et le droit d’asile dans les capitales occidentales, et le soutien des organisations des Droits Humains et d’une grande partie de la gauche.

La lutte contre les droits des femmes est seulement le premier pas d’un assaut contre les libertés et les droits universels, contre la laïcité, et contre le principe même de la démocratie : c’est à dire le vote des lois par le peuple et non l’imposition de lois dites divines .

L’objectif commun des intégristes religieux est de faire reculer les droits des femmes, les libertés et la démocratie ; aussi les retrouvons- nous contre le ’droit au blasphème’
Chaque jour, des libres penseurs, des agnostiques et des athées sont mis à mort dans les pays musulmans. Il faut inscrire l’assassinat des dessinateurs et des employés de Charlie Hebdo dans la longue lignée des martyrs de la laïcité, - dont le plus récent est l’auteur et militant laîque américain d’origine bangladeshi Avijit Roy qui vient d’être assassiné dans les rues de la capitale Dhaka, à coups de machette alors qu’il présentait son dernier livre.

Beaucoup de femmes ont péri dans ce combat pour les libertés démocratiques et la laicité, car celui-ci est indissociable de leurs luttes pour leurs droits de femmes.

Je voudrais terminer sur une note optimiste en citant les résistances qui s’organisent, celle de Malala pour le droit à l’éducation des filles, l’organisation des ex-musulmans (dans une bonne vingtaine de pays dont la France ) pour le droit à l’apostasie.
Sans oublier les femmes dans les pays où l’islam est religion d’État, les femmes qui mènent de front la lutte pour leurs droits légitimes et la lutte pour la séparation du religieux et du politique. (Une pensée pour les femmes tunisiennes !)
Ce double combat a besoin de toute notre attention et toute notre solidarité .