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Syrie : la Jordanie va coordonner ses activités militaires avec la Russie

samedi 24 octobre 2015, par siawi3

Source : http://www.lefigaro.fr/international/2015/10/24/01003-20151024ARTFIG00077-syrie-la-jordanie-va-coordonner-ses-activites-militaires-avec-la-russie.php

Par Georges Malbrunot

Publié le 24/10/2015 à 13:05

Photo : John Kerry et Sergueï Lavrov, vendredi à Vienne.

Un mécanisme commun a été mis en place entre Moscou et Amman. Il concerne le sud de la Syrie et c’est dans la capitale jordanienne que le centre des opérations aura son siège.

De notre envoyé spécial à Damas

Après Israël, c’est le second voisin de la Syrie à coordonner avec Moscou ses opérations militaires au-delà de sa frontière nord. L’annonce a été faite vendredi à Vienne par Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères qui a rencontré son homologue jordanien Nasser Judeh. A l’instar de ce qui a été établi entre l’armée israélienne et l’armée russe, « un mécanisme » de coordination a été mis en place entre Moscou et Amman. Il concerne le sud de la Syrie, frontalier de la Jordanie, et c’est dans la capitale jordanienne que le centre de coordination aura son siège.

Même si Amman est un allié fidèle des Etats-Unis et participe à la Coalition internationale que Washington conduit contre Daech en Syrie et en Irak, cette annonce n’est qu’une demi-surprise. L’opération militaire russe en Syrie a été présentée dans ses grandes lignes au roi Abdallah II de Jordanie quand ce dernier s’est déplacé cet été à Moscou rencontrer Vladimir Poutine.

 » Syrie : Moscou pousse ses pions diplomatiques à Vienne

Depuis le début de l’offensive russe en Syrie, le royaume hachémite se montre, comme Israël, extrêmement discret. En fait, Amman a gelé les activités du MOC - le Military operation center - qu’il abrite au profit des rebelles syriens, actifs dans le sud de la Syrie. Résultat : le front des insurgés dans cette région du sud de la Syrie est plutôt calme. Ce samedi matin, l’armée syrienne et ses alliés ont même annoncé avoir progressé contre les rebelles dans la région de Qounetra, à la frontière entre la Jordanie, Israël et la Syrie.

« Nous avons donné aux Russes une liste de groupes rebelles à ne pas frapper », affirme au Figaro un responsable de l’opposition syrienne en exil. De toute façon, Daech, qui est censé être la cible principale des Russes, est peu présent dans le sud de la Syrie.

Officiellement, les Etats-Unis ne sont pas mécontents de cette coordination russo-jordanienne. John Kerry, le secrétaire d’état qui arrive ce week-end à Amman, l’a déclaré à l’issue de la réunion de Vienne vendredi avec Lavrov et ses homologues saoudien et turc.

Pure realpolitik

Pourtant, la Jordanie, étranglée par le flot des réfugiés qu’elle a accueilli depuis deux ans, manifeste bel et bien sa mauvaise humeur vis-à-vis de ses partenaires occidentaux, auxquels elle réclame davantage d’aide financière pour gérer plus d’un million de Syriens sur son territoire. Mais Amman n’est pas seulement en quête de cash pour boucler son budget. Depuis de longs mois, les autorités jordaniennes sollicitent de leur allié américain une aide en matière de « surveillance, renseignements et reconnaissance » aérienne qui, selon nos informations, ne leur est jamais parvenue.

Amman, qui a un des plus importants contingents de djihadistes combattant auprès de Daech en Irak et en Syrie, craint leur retour. Sans le dire ouvertement, la Jordanie n’est pas mécontente de voir Daech, Nosra et d’autres rebelles salafistes visés par les frappes russes en Syrie. Il y a quelques semaines, le fils d’un député jordanien a commis un attentat suicide pour le compte de Daech en Irak.

En se rapprochant ainsi de Moscou, Amman agit au nom d’une pure realpolitik. Le fragile royaume, agité par un terreau djihadiste historiquement puissant, fait figure en effet d’ultime rempart entre Daech, implanté en Irak et en Syrie, et Israël. Le roi Abdallah II redoute une chute brutale du régime de Bachar el-Assad, avec lequel officiellement tous les liens ont été coupés, sauf entre services de renseignements, précise-t-on à Damas.